coeTitre : La vie très privée de Mr Sim
Auteur : Jonathan Coe
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 464
Date de parution : 20 janvier 2011

Résumé :
Max Sim, le protagoniste principal, est un antihéros par excellence, voué à l’échec dès sa naissance (qui ne fut pas désirée), poursuivi par l’échec à l’âge adulte (sa femme le quitte, sa fille ne le regarde guère, sinon pour rire sous cape), s’acceptant d’ailleurs en tant qu’échec et y trouvant même une certaine paix : l’absence de lutte, enfin. « Savoir s’accepter » devient l’un de ses mots d’ordre… À force de solitude, il finit par converser avec son GPS au long de ses pérégrinations de commis-voyageur représentant en brosses à dents dernier cri. Il tombe amoureux de cette voix désincarnée, lui imaginant même une personnalité, et les dialogues engagés avec elle partagent le lecteur entre le rire et la compassion. Le drame essentiel réside pourtant dans la relation avec son père, dont il découvre en lisant son journal qu’il était homosexuel et l’a conçu, lui, Max, par accident
pourrait-on dire. Mais il va tout de même essayer de se réconcilier avec ce père et même, de lui faire retrouver son ami de cœur, l’extraordinaire Roger S. Un échec là encore, mais l’échec est l’un des ressorts du comique… Jonathan Coe renoue ici avec la veine comique tout en gardant la même complexité, la même précision, la même habileté que dans ses livres précédents. Tout à la fois drôle, bien construit et situé à la pointe du contemporain, le roman procède par mélange de genres, suite d’échos, de souvenirs récurrents, de parallèles, de rappels, pour tenter de cerner la grand interrogation : jusqu’à quel point la vie peut être considérée comme une fiction ?

Mon avis:
 » On va, on vient dans le grouillement du quotidien, on passe à deux doigts les uns des autres, mais le vrai contact est très rare. »
C’est un peu l’état des relations humaines dans notre société actuelle et c’est surtout le vécu de Maxwell Sim qui est passé à côté des relations avec son père, sa femme, sa fille ou son ami Chris. Aujourd’hui, il est dépressif suite à son divorce et les ennuis s’enchaînent.
Sillonner l’Angleterre à bord d’une Prius pour aller vanter les mérites d’une nouvelle brosse à dent écologique, va lui permettre de faire un voyage initiatique et de comprendre ses erreurs passées.
Ainsi, comme Donald Crowhurst, un marin solitaire qui fait un faux voyage, Max va errer dans ses souvenirs.
Le livre s’articule, comme « Les quatre quatuors » du poète T.S. Eliot, autour de quatre récits sur les éléments (eau-terre-feu-air), quatre récits des proches de Max (l’oncle d’une jeune femme rencontrée dans un aéroport, sa femme, la sœur de son ami d’enfance et son père).
Ainsi le scénario avance de manière intelligente et nouvelle, et l’introspection de Max progresse au même rythme. Je me suis attachée à ce personnage complètement perdu mais capable de percevoir une relation unique entre une mère et sa fille, une complicité qu’il n’a jamais connu avec personne.
Le récit est remarquablement construit avec des rebondissements et des enchaînements logiques et une fin particulièrement originale.
L’auteur nous expose à la fois des situations drôles et extravagantes, des relations humaines atypiques et intéressantes et porte un regard actuel sur la société ( réseau social, consumérisme, société de services, marchés financiers…).

C’est un roman original, actuel et humain.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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