trouillot1Titre : La belle amour humaine
Auteur : Lyonel Trouillot
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 170
Date de parution : août 2011

Auteur:
Romancier et poète, intellectuel engagé, acteur passionné de la scène francophone mondiale, Lyonel Trouillot est né en 1956 dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où il vit toujours aujourd’hui. Son oeuvre est publiée chez Actes Sud : Rue des Pas-Perdus (1998 ; Babel n° 517), Thérèse en mille morceaux (2000), Les Enfants des héros (2002 ; Babel n° 824), Bicentenaire (2004 ; Babel n° 731), L’Amour avant que j’oublie (2007 ; Babel n° 969) et Yanvalou pour Charlie (2009 ; prix Wepler 2009).

Résumé:
A bord de la voiture de Thomas, son guide, une jeune occidentale, Anaïse, se dirige vers un petit village côtier d’Haïti où elle espère retrouver les traces d’un père qu’elle a à peine connu et éclaircir l’énigme aux allures de règlement de comptes qui fonde son roman familial. Le caractère particulier de ce voyage encourage bientôt Thomas à prévenir la jeune femme qu’il lui faudra très probablement renoncer à une telle enquête pour faire l’expérience, dans ce village de pêcheurs dont il est lui-même issu, d’un véritable territoire de l’altérité où les lois sont amicales et flexibles, les morts joyeux, et où l’humaine condition se réinvente sans cesse face aux appétits féroces de ceux qui, à la manière du grand-père d’Anaïse et de son complice en exactions, le « colonel » – tous deux jadis mystérieusement disparus dans un incendie -, cherchent à s’octroyer un monde qui appartient à tous.
Dans ce roman qui prône un exercice inédit de la justice et une fraternité sensible entre les hommes sous l’égide de la question : « Quel usage faut-il faire de sa présence au monde ? », Lyonel Trouillot, au sommet de son art, interroge le hasard des destinées qui vous font naître blanc ou noir, puissant ou misérable, ici ou ailleurs – au Nord ou au Sud. S’il est vrai qu’on est toujours « l’autre de quelqu’un », comment et avec qui se lier, comment construire son vivre-ensemble sinon par le geste – plus que jamais indispensable en des temps égarés – d’accueillir, de comprendre ?

Mon avis:
 » Il faut croire qu’il est des lieux qui restent en toi, qui t’habitent pour toujours, une fois que tu y a mis les
pieds.
 »
Une fois de plus, les Éditions Actes Sud ont réussi à me séduire grâce à la plume poétique de Lyonel Trouillot. Quel magnifique récit que celui de Thomas, guide, chauffeur de taxi et « aide-au -bonheur ». il explique avec toute la sincérité des habitants de Anse-à-Fôleur, la vie des grands-parents et du père de cette jeune fille qui arrive de la ville.
L’histoire des deux hommes, un colonel à la retraite violent et un homme d’affaires véreux (le grand-père de la jeune fille), exprime bien que ces deux êtres représentaient une erreur en ce territoire de gentillesse. Ils ne pouvaient pas se fondre dans le paysage. Leurs maisons jumelles ne s’intégraient pas dans ce village de pêcheurs.
Qui a donc incendié leurs maisons?  Justin, ce philosophe qui crée des lois visant à faire régner le bonheur, la femme de l’homme d’affaires qui, trompée se réfugie dans la lecture, le fils taciturne qui a jeté à la mer les cadeaux de son parrain, le colonel, ou cette charmante Solène qui court et danse dans la forêt?
« Mensonge ou vérité, tout ce que je te dis sur leur mort, ça change quoi au fond des choses? »
Thomas décrit si bien la différence entre la vie de son village et les habitudes des gens de la ville qui viennent ici pour le soleil et le pouvoir. La description d’une famille qui descend de l’avion et utilise son taxi permet à l’auteur de faire passer son avis sur les touristes.
Après le récit de Thomas, Anaïse, la jeune fille de la ville lui répond avec ses mots et son rythme urbain. Mais elle, elle est venue chercher autre chose. Elle regarde, elle écoute et sait comparer ce qu’elle perçoit et ce qu’on lui a appris à l’école.
 » Je viens d’une ville de lumières inventées qui trichent avec la nuit à coups de lampadaires, de néons et de phares. »
Elle découvre cette joie de vivre jusque dans l’accompagnement de la mort, cette hospitalité et ce partage.
C’est un poème, un conte, une allégorie sur le vrai sens de la vie, un texte magnifique que je vous conseille.

 » Personne n’a songé à te dire que la parole sert parfois à trouver les mots, à les sortir de leur cachette afin qu’ils nous
aident à nous révéler à nous-mêmes
. »

    

Auteur

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