sormanTitre : Comme une bête
Auteur : Joy Sorman
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 176
Date de parution : 30 août 2012

Auteur :
Joy Sorman est née en 1973. Elle a reçu le prix de Flore pour son premier livre Boys, boys, boys.

Présentation de l’éditeur :
« Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon – les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l’apprenti ankylosé par des jours de découpe, de désossage et de nettoyage se détend enfin, s’assouplit, ses mains se décrispent, la chair est mobile, la peau se griffe, le sang détale dans les veines, il pose ses doigts sur les tempes de la fille, ça pulse».

Comme une bête est l’histoire d’un jeune homme qui aime les vaches au point de devenir boucher.

Mon avis :
 » La viande est pleine de vie et la vie se transmet. »
C’est la réussite de ce roman qui bouillonne de sang et de passion, celle du jeune apprenti , Pim, pour son futur métier de boucher. Et Joy Sorman, grâce à sa précision et son investigation transmet toute l’anthologie de rapport vivant de l’homme et de l’animal.
De tout temps et de toute région, l’homme est carnivore, parfois vampire ou cannibale en d’autres temps. Et si aujourd’hui, beaucoup se tourne vers le régime végétarien par respect pour les animaux ou par crainte des épidémies de vache folle et autre, la viande reste essentielle au-delà du soin qu’elle peut apporter aux chairs tuméfiées.
Si, contrairement à moi, vous arrivez à dépasser cette aversion pour la viande rouge, les gras, les tripes et surtout la souffrance animale, vous apprécierez le style de l’auteur. Joy Sorman s’est vraiment plongée dans l’univers pour en disséquer ainsi les moindres détails, les plus fines sensations, les anecdotes
historiques.
La passion de Pim pour la viande prend rapidement la route vers l’obsession. En caressant une fille, il repère les morceaux de viande comme lorsqu’il palpe une vache. Son amour des animaux est fusionnel mais toujours en rapport avec la viande qu’ils procurent.
En ce sens, je rejoins l‘avis de Nath et y vois effectivement l’analogie avec le roman Le Parfum de Patrick
Süskind.
L’auteur nous fait réfléchir sur notre rapport avec l’animal.
 » Parce que les vaches ont un métier, elles font carrière avec l’éleveur et sous sa direction. Les chiens et les tigres ne travaillent pas, les vaches triment et produisent. De petites usines vivantes, des fabriques à lait et à viande qui font les trois-huit sur quatre pattes. »
 » Il faut aimer les bêtes qui nous apprennent à mourir puisque nous mourrons tous de la même mort, il n’y aura pas
de quartiers, elles nous disent qu’il n’y a pas d’échappatoire, pour elles comme pour nous, c’est la même carcasse à l’arrivé
e. »
Je reconnais qu’il y a une certaine faiblesse à prôner son amour des animaux et à acheter de la viande sans se poser de question, refuser de savoir ce qu’il se passe dans les abattoirs.
 » Les bouchers nous sont supérieurs parce qu’ils n’ont pas peur du sang, ils ne sont pas terrorisés par la chair
dissimulé
e que nous refusons d’envisager. »
Comme une bête est un roman courageux parce que le sujet est peu vendeur, intéressant parce que l’auteur s’est renseigné sur les moindres détails et très sensuel grâce au style descriptif et vif de l’auteur. Si ce n’est que je n’ai pas réussi à dépasser mon dégoût pour cet étalage de viande ( les descriptions dans l’abattoir sont d’une réalité insupportable pour moi) , pour la souffrance animale. Comment résister au regard si doux de Culotte, cette bonne vache quand l’auteur décrit si bien son attachement, sa douceur et son respect pour l’homme?

Un très bon livre mais un sujet qui n’est vraiment pas pour moi. Mon aversion m’a tenue un peu hors du roman, je m’attendais à une autre fin.

Par contre, je lirai volontiers l’auteur sur un autre sujet.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

16 octobre 2013 à 19 h 19 min

Un livre que j’ai beaucoup apprécié !



Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :