maraiTitre : Les mouettes
Auteur : Sandor Marai
Éditeur : Albin Michel
Littérature hongroise
Traducteur : Catherine Fay
Nombre de pages : 240
Date de parution : octobre 2013

Auteur :
Né en 1900 à Kassa, en Hongrie, Sándor Márai publie son premier recueil de poésies à dix-huit ans tout en suivant des études d’art à l’Université de Budapest.
Par la suite, il vit à Francfort, Berlin puis Paris, avant de rentrer dans son pays où il devient, dans les années 30, un auteur adulé. Tombé dans l’oubli après 1948, date de son exil en Europe puis en Californie, il se suicide, à San Diego, en 1989.
Son œuvre a été redécouverte dans les années 1990, lorsqu’il a reçu le Prix Kossuth, la plus haute distinction hongroise, à titre posthume.

Présentation de l’éditeur :
« Pendant des dizaines d’années, j’ai traversé ce pont deux fois par jour et c’est la première fois que je prête attention aux mouettes, songe-t-il. Je les regarde avec les yeux de cette femme. Elle a les mêmes yeux gris vert que l’autre… des yeux d’oiseau ou d’animal. »
Lorsqu’il accueille dans son bureau du ministère la réfugiée finlandaise venue demander un permis de séjour et de travail, le haut fonctionnaire est saisi : il croit reconnaître une jeune fille jadis aimée et qui s’est donné la mort cinq ans plus tôt par amour pour un autre. Simple hasard ou signe du destin ? Qui est cette « mouette » venue de si loin et qui prétend se nommer Aino Laine, « vague unique » en finnois ?
Cette rencontre énigmatique, dont la tension est accrue par l’imminence de la guerre et l’attente d’un coup de téléphone, crucial pour l’homme comme pour le sort du pays, pourrait déboucher sur une révélation, à moins qu’elle ne fasse qu’épaissir le mystère des êtres.
Comme dans Les Braises, écrit un an plus tôt, ou Divorce à Buda, ce roman où s’exprime la subtilité du grand écrivain hongrois confronte un homme et une femme à leur passé dans un de ces face à face somnambuliques et prenants dont Márai a le secret.

Mon avis :
Je n’avais pas encore lu Sandor Marai, cet écrivain journaliste hongrois reconnu un peu tardivement comme une figure majeure de la littérature européenne du XXe siècle.
Dans ce roman, Les mouettes, nous sommes  en 1942 et la Hongrie n’est pas encore entrée dans la guerre. Nous allons suivre la rencontre d’un conseiller, haut fonctionnaire de l’État, la veille d’une grande décision pour le pays et une jeune finlandaise, Aino Laine. Aino a été envoyée auprès de lui pour solliciter un visa hongrois et un travail de professeur. Elle est jeune, belle et distinguée et ressemble étrangement à son amour défunt, Ilona. A la fois troublé par cette décision encore secrète pour l’avenir de son pays et par cette ressemblance féminine, l’homme se remémore Ilona, se pose des questions sur son âge, son avenir et sur les raisons d’une telle coïncidence.
Aino Laine, telle une mouette qui suit un parcours instinctif vient du grand froid, survole des pays en guerre pour trouver cet homme, pour lui rappeler cette autre femme.
«  nous ne parvenons pas à voler avec autant de facilité. Les souvenirs parfois nous pèsent. »
Vie de l’Europe en guerre, deuil, douleur, passion seront les sujets évoqués par les deux personnages. Leurs attitudes sont souvent étranges, leurs discours ont une part d’irréalité. L’ambiance est très théâtrale.Une grande partie de l’intrigue se passe dans le bureau du conseiller, en huis clos la nuit. Une nuit qui extirpe ce qu’il y a de plus secret dans le moi de chaque personnage.
«  cette nuit, toi et moi ne sommes que des pièces détachées d’un jeu ou d’une création dont nous ne comprendrons peut-être jamais le sens. »
L’ensemble reste assez fantomatique. Si l’on ressent bien la douleur de cet homme, le rôle de la jeune finlandaise reste plus énigmatique. Toutefois, l’auteur fait parfaitement ressentir la gravité en ce temps arrêté, en une nuit, à la veille d’une grande décision pour le pays.

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Commentaires

18 décembre 2013 à 19 h 07 min

J’ai aimé « métamorphose d’un mariage » alors je vais retenir celui-ci



alexmotamots
20 décembre 2013 à 12 h 21 min

J’avais lu son dernier roman, qui ne m’avait pas convaincu.



28 décembre 2013 à 11 h 15 min

Ton billet est très beau, très sensible… tu fais bien ressentir toutes les harmoniques de ce roman, que je n’ai pas réussi à exprimer (j’avais un peu la flemme, j’avoue…)



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