clementTitre : Sauf les fleurs
Auteur : Nicolas Clément
Éditeur : Buchet Chastel
Nombre de pages : 75
Date de parution : 22 août 2013

Auteur :
Nicolas Clément est né en 1970 à Bourgoin-Jallieu. Agrégé de philosophie, il enseigne en lycée et en classes préparatoires.

Présentation de l’éditeur :
Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l’amour de la mère, l’enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre.
À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l’amour du petit frère et celui des mots.
Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d’une puissance étincelante : la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps.
« Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m’interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j’étais. […] Je n’ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d’avant. Je tombe rond ; mon compte est bon. »

Mon avis :
Voici un court premier roman de la dernière rentrée littéraire qui se transmet de blog en blog.
Nicolas Clément parvient à traiter le sujet douloureux de la violence conjugale avec une approche assez poétique. Parce que ces choses là sont un peu taboues, on n’ose pas en parler clairement. Face à ce père violent, les enfants Marthe et Léonce en ont perdu les mots. » Je n’arrive pas à parler de papa qui fauche notre enfance, fouette nos lèvres, crache sur Sony et revient moucher dans nos vies, le premier qui se sauve marque une maman. »
Et pourtant, avec ce style curieux et ces associations improbables de mots, j’ai pleinement ressenti la douleur de la mère et des enfants.
Même si la violence est là, palpable, l’auteur nous entraîne souvent vers le beau. Les fleurs, la douceur animale, l’amour du jeune Florent, l’aide des voisins et de la professeur Nathalie.
Marthe, exilée à Baltimore avec Florent réapprend à parler et se plonge dans la traduction d’Eschyle. Est-ce là une attirance pour une langue morte et les destins tragiques ?Les coups marquent les corps mais aussi les esprits et les enfants sortent rarement indemnes de la folie d’un parent.
En digne héroïne, Marthe marche vers son destin.
 » Ainsi, quand tu pourras, sois fier de ce que nous n’avons pas reçu et qui nous sert d’épines. »

Un superbe premier roman et un auteur à suivre.

RL2013

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

24 janvier 2014 à 9 h 35 min

C’est joliment dit. C’est un roman que je n’ai pas lu, d’ailleurs je ne sais pas si je le ferai car j’évite le sujet généralement – pour mon moral. Malgré tout, il a l’air d’être beau. Merci



24 janvier 2014 à 10 h 46 min

Magnifique, oui. Pour tous les amoureux des mots. Ici, ils prennent toute leur ampleur et leur saveur.



24 janvier 2014 à 12 h 40 min

Je ne suis pas très fan des éditions Buchet Chastel mais ce livre pourrait me plaire.



24 janvier 2014 à 16 h 45 min

Oui tout est dans l’écriture !



24 janvier 2014 à 19 h 19 min

Magnifique… Un de mes plus gros coup de cœur de cette rentrée !



26 janvier 2014 à 12 h 57 min

Vu ton avis, je le retiens



30 janvier 2014 à 14 h 55 min

je viens de finir ce court roman :: une splendeur où s’allie la brutalité et la douceur, la beauté dans le choix des mots… je n’ai pas encore atterri et je vais le relire dans la foulée avant de poser ma critique car la 1e fois j’ai été happée par l’histoire et je veux apprécier à nouveau son langage des fleurs. pour un 1e roman : un coup de maître.



    30 janvier 2014 à 14 h 58 min

    C’est le genre de court roman que l’on peut lire plusieurs fois pour vraiment l’apprécier. Surtout avec ce choix de mots et d’expressions. Cela peut paraître étrange à la première lecture donnant toutefois de vraies images. Sur une seconde lecture , on peut effectivement davantage y réfléchir.
    Un auteur à suivre



      5 février 2014 à 12 h 31 min

      j’ai vu une vidéo où il explique la génèse de son livre. en fait, je suis passée à côté de l’importance d’Eschyle autre que dans la vie de Marthe: il sert de construction en fait donc il faut que je me plonge un peu dans les auteurs grecs avant la 3e lecture.
      avec des études scientifiques, on a peu d’heures de philo et il faut découvrir tout seul plus tard…..



      5 février 2014 à 13 h 08 min

      Oui, je me suis posée la question de cette passion pour Eschyle. Et j’ai même regardé rapidement sur Internet. Je comprends l’importance du grec pour elle, une langue morte comme la sienne. Et il y a aussi le côté tragique de sa vie et cette destinée au service des liens familiaux.
      C’est vrai que les scientifiques font peu de philo et pourtant en général ils aiment cette matière et y sont plutôt réceptifs.



alexmotamots
30 janvier 2014 à 20 h 28 min

Une écriture pas évidente, mais quel beau livre.



7 février 2014 à 8 h 24 min

Je viens de terminer ce livre, et quel roman!
Un vrai coup de coeur.



    7 février 2014 à 8 h 49 min

    Envoûtant ce langage, n’est-ce pas?
    A la bibliothèque, je te conseille aussi Un paradis trompeur d’Henning Mankell. Pas du tout le même genre, mais cela pourrait te plaire.



8 février 2015 à 13 h 18 min

Un superbe roman 🙂
Je vais chercher la vidéo dont parle Eveyeshe 🙂
Bon dimanche 🙂



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