robinsonTitre : Lila
Auteur : Marilynne Robinson
Littérature américaine
Titre original : Lila
Traducteur : Simon Baril
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 357
Date de parution : Février 2015

Auteur :
Le premier roman de Marilynne Robinson, Housekeeping (1981), publié en France sous le titre La Maison de Noé (Albin Michel, 1983), a figuré sur la liste des cent plus grands romans publiée par The Observer et a reçu le PEN/Hemingway Award du meilleur premier roman. Publié en 2004, Gilead (Actes Sud, 2007) a obtenu le Pulitzer Prize for Fiction, ainsi que le National Book Critics Circle Award. Egalement auteur de deux essais, Marilynne Robinson enseigne à l’Iowa Writer’s Workshop.

Présentation de l’éditeur :
Enlevée tout enfant à sa famille biologique par Doll, jeune vagabonde au visage défiguré par une balafre d’origine inconnue, Lila a grandi sur les routes de l’exode où la Grande Dépression a durablement jeté une multitude d’indigents. Quand sa protectrice disparaît mystérieusement, la jeune fille se loue comme domestique avant d’échouer dans une maison close, à Saint Louis, où Doll ne réapparaît que pour se voir bientôt inculpée d’assassinat. Plus seule que jamais, Lila reprend la fuite et, au bout d’une longue marche, atteint Gilead, une petite ville de l’Iowa, où le vieux révérend Ames prend sous son aile cette âme en friche.
Après avoir considéré avec méfiance les marques d’intérêt que lui prodigue cet homme de Dieu respecté de tous et qui pourrait être son père, la farouche jeune fille se prend au jeu du dialogue auquel le Révérend l’invite, au point de consentir à épouser ce veuf austère que, forte de l’intranquille existence qui a été la sienne, elle contraint peu à peu à envisager de nouveaux chemins de pensée.
Instaurant entre discours religieux et destin séculier un surprenant lien de complémentarité sous l’égide d’une fiction pétrie d’humanité, Marilynne Robinson, sans jamais sacrifier la clarté et la précision de la langue à la profondeur de son sujet, s’emploie, dans cette incomparable variation sur l’amour, à faire don de son intelligence du monde et de sa connaissance des textes bibliques pour ouvrir la voie à une communion littéraire d’une rare et pénétrante intensité.

Mon avis :
Qu’il est lent et tortueux ce chemin qui mène Lila de l’errance à une vie maritale auprès d’un vieux pasteur. D’un passé aussi lourd, il ne reste à Lila que le couteau bien affûté de Doll mais surtout l’angoisse, la solitude et le regret qui l’excluent d’une vie normale, tout en espérant un refuge possible.
Doll, « une vieille sauvage pleine de fierté, la marque sur son visage pareille à une tache de sang qu’elle aurait choisi de ne pas laver« , est le seul être qui a pris soin de Lila. Aussi, lorsqu’elle disparaît, Lila l’enfant abandonnée devenue femme touche le fond jusqu’à haïr son corps dans un bordel de Saint-Louis.
Son refuge ne peut être que les plaines et la campagne, là où autrefois  »
elle ne connaissait que le nom des choses utiles à sa survie. » Dans l’église de Gilead, elle croise John Ames, un vieux pasteur veuf qui voit en elle une âme à sauver et apprécie sa façon abrupte de poser des questions inattendues. Lila est touchante avec son besoin de protection, sa peur d’être rejetée pour ce qu’elle était, sa soif de comprendre en lisant le livre d’Ezechiel.
Dans sa tête, parlant à Doll ou à cet enfant dans son ventre, et parce qu’elle n’ose pas encore tout raconter au pasteur, elle revit son passé comme autant de moments indignes de mériter le bonheur et la bienveillance de ce bon John Ames.
Lui, patient, attentionné veut lui donner tout ce qu’il peut, pour un moment au moins parce qu’il est vieux.
 » Les choses se produisent pour des raisons qui nous demeurent entièrement cachées tant que nous imaginons qu’elles découlent de ce qui s’est produit avant, de notre culpabilité ou de notre mérite, plutôt que d’un avenir que Dieu dans Sa liberté nous offre. »
Le rythme narratif pourra paraître lent mais chaque pas, chaque silence dévoilent les personnages endurcis par leur passé et habités par l’espoir d’un avenir meilleur sans toutefois sans juger dignes.
J’aime particulièrement les descriptions de l’auteur qui nous transportent dans les différentes scènes du récit, dotant ses personnages d’une grandeur d’âme et d’une force surprenante.
Marilynne Robinson clôt sa trilogie sur les habitants de Gilead, cette petite bourgade perdue dans les plaines de l’Iowa. Je n’avais pas lu le premier volet, Gilead (un oubli à rattraper) mais j’avais adoré Chez nous, consacré à la famille Boughton, ami de John Ames. L’envie de retourner dans cette ambiance de l’Amérique profonde était trop forte pour résister à Lila ( personnage cité dans Gilead). Mais sachez que les trois livres peuvent se lire indépendamment.

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Auteur

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Commentaires

30 mars 2015 à 18 h 42 min

J’ai récemment abandonné Chez nous avec lequel je n’accrochais pas du tout. Il me faudra peut-être refaire un essai avec cet auteur.



    30 mars 2015 à 19 h 52 min

    Lorsque j’ai fait paraître mon avis sur Chez nous, plusieurs m’ont dit ne pas avoir accroché. Et je pense que cela sera la même chose avec celui-ci.
    C’est le genre de livres peu dynamiques qui paraît, surtout au début, lent, voire ennuyeux. Mais lorsque les personnages prennent forme, j’y trouve une ambiance dense et chaleureuse.



30 mars 2015 à 19 h 16 min

Quand je lis « enseigne à l’Iowa Writer’s Workshop. », ça me fait peur. Peur de la formatisation que je retrouve souvent dans les livres américains.



    30 mars 2015 à 19 h 56 min

    C’est très bien écrit avec cette façon de revenir sur le passé pour construire ses personnages.
    Mais, je pense que l’on est davantage dans l’univers de Toni Morrison que de Siri Hustvedt par exemple.



30 mars 2015 à 19 h 32 min

Depuis le temps que j’ai envie de lire cette auteure… du coup tu conseilles de commencer par lequel ?



Laure Micmelo
30 mars 2015 à 21 h 56 min

Je suis réticente avec ce livre, mais je n’arrive pas à expliquer pourquoi, et en même temps, je suis tentée par la trilogie. Paradoxe, paradoxe 😉



31 mars 2015 à 3 h 55 min

Je suis sur le point d’abandonner Chez nous… le rythme est trop lent pour me tenir éveiller! 🙂



    31 mars 2015 à 17 h 15 min

    C’est le frein que j’ai effectivement annoncé pour celui-ci aussi.
    Personnellement, cela ne me dérange pas. Je suis en train de lire Beloved de Toni Morrison et j’y retrouve un peu la même construction.



31 mars 2015 à 13 h 08 min

Une histoire dans laquelle les silences comptent aussi.



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