rashTitre : Le chant de la Tamassee
Auteur : Ron Rash
Littérature américaine
Traducteur : Isabelle Reinharez
Titre original : Saints at the river
Éditeur : Seuil
Nombre de pages : 233
Date de parution : 14 janvier 2016

Un nouveau roman de Ron Rash est toujours un événement très attendu de ses très nombreux fidèles lecteurs.
Et celui-ci plaira au plus grand nombre car on y retrouve les meilleurs ingrédients de l’auteur avec une nature grandiose, des personnages au passé vibrant et des relations amoureuses ou amicales troublées par une rivalité de clans.
Mais sans le style remarquable de l’auteur n’avons-nous pas une simple histoire romanesque et mélodramatique?
J’ai récemment regardé Serena à la télévision ( adaptation d’un livre de Ron Rash par Susanne Bier avec Jennifer Lawrence et Bradley Cooper) et je me suis rendue compte que privé des mots de l’auteur, le scénario est assez léger.
Seulement, il y a la magie des mots. Quand Ron Rash présente un personnage, non seulement vous le voyez physiquement mais vous le percevez avec son caractère, avec ses bons et ses mauvais côtés. En quelques lignes, il devient presque familier.
Maggie Glenn, une jeune photographe du Messenger de Columbia est envoyée dans le comté d’Oconee, sa région natale, avec Allen Hemphill, rédacteur récemment couronné d’un prix Pulitzer pour couvrir les conséquences de la noyade d’une fillette de onze ans dans la rivière sauvage de la Tamassee.
Le père de la fillette est prêt à tout, même enfreindre la loi fédérale pour ramener le corps de sa fille, coincé sous une masse rocheuse au fond de la rivière. Soutenu par les politiques, les promoteurs et Brennon, constructeur de barrages mobiles, il défend sa position contre les cul-terreux des montagnes.
S’opposent les natifs du comté hostiles à la fois aux nouvelles règles environnementales et les récents défenseurs de la Tamassee, des écologistes obtus comme Luke Miller.
En une cinquantaine de pages, on a les deux pieds dans le village et l’on perçoit les défenseurs de la rivière sauvage contre ceux qui soutiennent Herb Kowalsky, le père de la noyée.
En distillant les informations sur le passé des personnages, non seulement, l’auteur crée l’addiction mais, en plus, il donne une densité à chacun. Les personnages sont souvent marqués par un passé sombre qui leur donne à la fois une maturité et une fragilité.
Si je passe sur les liens de cœur de la jeune Maggie, je suis davantage sensible à la difficulté de dialogue et de pardon avec son père. Les gens des montagnes se replient facilement à l’intérieur et hésitent à ouvrir leur cœur.

 » Parce que nous comprenons tous deux que, une fois que l’on ouvre la bouche pour prononcer ces mots-là, on ouvre aussi son cœur. On l’ouvre aussi grand qu’une porte de grange, on démonte les gonds, et du coup n’importe quoi peut en sortir ou y entrer. Y-a-t-il quoi que ce soit de plus effrayant?« 
Souvent, dans les romans de Ron Rash, la nature est un personnage à part entière. La rivière sauvage de la Tamassee est ici celle qui déclenche les passions et les rivalités. Si la loi fédérale interdit d’en perturber son cours, la rivière sait aussi s’imposer d’elle-même. Sa beauté, sa vivacité, sa fougue au creux des montagnes dominent les volontés des uns et des autres. Elle devient une entité de la vie et de la mort. Lieu de baptême, n’est-ce pas elle qui peut décider rendre les morts.
Le chant de la Tamassee, second roman de l’œuvre de l’auteur, a la beauté naturelle des grands espaces et le vibrato des drames humains.
Retrouvez d’autres romans de l’auteur sur ce blog : Un pied au paradis,  Le monde à l’endroitUne terre d’ombre
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Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

Sandrinelit
25 janvier 2016 à 8 h 16 min

Merci pour cette critique claire, sensible et très bien écrite. Un vrai moment de plaisir qui donne envie de lire cet ouvrage.



25 janvier 2016 à 8 h 18 min

Un autre Ron Rash à mettre dans ma PAL!



25 janvier 2016 à 8 h 20 min

Magique cette chronique. Il faut clairement le lire.



25 janvier 2016 à 9 h 42 min

Belle critique…



25 janvier 2016 à 10 h 37 min

J’ai très envie de le lire. C’est vrai que le film Serena était loin d’être à la hauteur du roman, ça tenait au scénario et à la mise en scène, mais aussi aux acteurs… Serena n’était pas du tout comme on l’imagine en lisant le livre !



25 janvier 2016 à 11 h 42 min

Je suis une très grande fan de Ron Rash et j’ai adoré ce livre 🙂
J’ai préféré Une terre d’ombre ou encore Le Monde à l’endroit, mais Le chant de la Tamassee est aussi excellent 🙂



25 janvier 2016 à 11 h 53 min

J’aime cet auteur donc je veux le lire !



25 janvier 2016 à 12 h 27 min

Je n’ai toujours pas lu cet auteur… mais je crois que j’ai un de ses romans dans ma PAL, je commencerai par là !



25 janvier 2016 à 13 h 25 min

Voilà qui annonce de belles heures de lecture !



25 janvier 2016 à 16 h 03 min

ça a l’air d’être un livre intéressant.



25 janvier 2016 à 16 h 50 min

J’avais adoré Séréna, alors je note.



25 janvier 2016 à 18 h 27 min

Je découvre le challenge Rentrée littéraire janvier 2016 🙂



25 janvier 2016 à 20 h 47 min

Le titre est magnifique comme ta chronique, il va falloir que je le lise ! Ron Rash… 😉



25 janvier 2016 à 22 h 24 min

J’ai prévu un petit tour en librairie demain, je sais déjà sur quoi je vais craquer !



Laure Micmelo
26 janvier 2016 à 8 h 39 min

Je ne vais pas le rater celui là ! Il est là, qui attend gentillement son tour 🙂



26 janvier 2016 à 13 h 17 min

Je devrais le commencer très bientôt !



26 janvier 2016 à 14 h 28 min

avant de le voir à LGL je ne connaissais pas! ça devrait me plaire!



27 janvier 2016 à 11 h 44 min

Quand je vois Ron Rash j’ai forcément envie de lire! Je ne vais d’ailleurs pas tarder à lire Serena, par contre le film ne m’attire pas plus que ça.



5 février 2016 à 23 h 45 min

J’ai lu tout ce qui est sorti en France de Ron Rash et je lirai celui-ci aussi bien sûr. Je n’ai pas voulu regarder Serena, trop peur d’être déçue, à te lire j’ai bien fait !



Myrtillefremissante
6 mai 2016 à 18 h 07 min

Un tres beau livre de Rash…Un conseil : ecouter en fond sonore Sara Evans et Lucinda Williams ainsi qu’ Emmylou Harris evoquees dans le roman



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