Titre : Ör
Auteur : Audur Ava Olafsdottir
Littérature islandaise
Titre original: ör
Traducteur : Catherine Eyjólfsson
Editeur : Zulma
Nombre de pages : 240
Date de parution : 5 Octobre 2017

Audur Ava Olafsdottir a conquis la France avec Rosa candida. Les auteurs nordiques mettent dans leurs romans ce que nous cherchons de plus en plus, la simplicité, la bienveillance, cet attachement aux belles choses de notre environnement. On nous parle de hygge mais lire un roman de cette auteure islandaise est le comble du hygge tant il nous fait du bien.
Chez Audur Ava Olafsdottir, les personnages ont souvent des cicatrices ( Ör en islandais), un je ne sais quoi de sombritude, peut-être lié aux difficiles conditions de vie dans les sphères nordiques. Mais, comme dit la chanson, ils ont dans le coeur une petite lumière qui ne demande qu’à éclore, un altruisme naturel.
Jónas Ebeneser est un personnage « olafsdottirien » ( avec un nom aussi compliqué, il fallait oser). Quarante-neuf ans, divorcé, n’ayant pas touché un corps de femme depuis plus de huit ans, une mère atteinte d’alzheimer obnubilée par les guerres, Jónas touche le fond en apprenant que sa fille de vingt-six ans n’est pas de lui. Il veut en finir avec la vie…mais ne veut pas choquer ses proches. Partir loin dans une zone de guerre serait le meilleur moyen. Il réserve une chambre à l’hôtel Silence et part, pratiquement sans bagage mais avec sa caisse à outils. Une perceuse sera bien utile pour fixer le crochet au plafond pour se pendre.
«  Toute souffrance est unique et différente, on ne saurait les comparer entre elles. Le bonheur, en revanche, est le même pour tous… »
Notre homme candide, aveuglé par son propre malheur peine à voir la désolation de ce pays, la détresse du couple de frère et soeur, gérants de l’hôtel en perdition.
«  Comment dire à cette jeune femme qui a eu tant de mal à survivre avec son petit garçon et son frère cadet sous des pluies de bombes – dans un pays où le lit des rivières est baigné de sang et où des pelotons d’exécution il y a quelques semaines encore coloraient l’eau de rouge- que j’ai fait tout ce chemin pour me supprimer. »

Avec beaucoup de simplicité, de candeur et d’humour, l’auteure fait de cette rencontre une thérapie. Certes, on ne peut pas recoller un monde en miettes. Mais la force et le courage de certains face à l’adversité forcent à reconsidérer le tableau noir de certains privilégiés, et les aident à trouver les sentier sinueux qui mène vers la lumière.

L’humour et l’intrigue en forme d’illustration psychologique font de Ör un roman plus simple dans le style des récits de E.E. Schmitt ou Paolo Coelho. Mais, je le dis souvent, à propos des romans d’Amélie Nothomb, une si belle simplicité n’est pas facile à écrire! Et j’adore le style d’Audur Ava Olafsdottir.

Curieusement, j’ai retrouvé dans ce roman la citation d’Elizabeth Bishop qui donne son titre au très beau roman d’Alice Zeniter.
«  Il n’est pas difficile de maîtriser l’art de perdre. Parce que tant de choses semblent enclines à être perdues. »

Elizabeth Bishop semble être une bonne inspiration pour les romans de cette rentrée.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

10 novembre 2017 à 10 h 24 min

Je vais l’acheter, je ne peux pas en manquer un seul, j’adore cette nana !



10 novembre 2017 à 11 h 34 min

Il est en très bonne place dans ma wish list, j’aime beaucoup cette auteure! Et tu as raison, la simplicité n’est pas forcément la facilité d’écriture 😉 c’est cette simplicité que j’aime chez cette auteure.



10 novembre 2017 à 20 h 05 min

Il fait partie de ma prochaine liste d’achats.



10 novembre 2017 à 22 h 03 min

J’aime beaucoup cette auteur! Ce livre là va vite rejoindre ma bibliothèque je crois!
Daphné



eimelle
11 novembre 2017 à 16 h 52 min

j’aime beaucoup aussi cette auteure, il est dans ma liste d’envies!



11 novembre 2017 à 18 h 06 min

Je le note, pour décembre ou janvier (beaucoup de livres m’attendent déjà).



12 novembre 2017 à 22 h 37 min

je n’ai toujours rien lu d’elle… n’y aurait-il pas un raté à la fin de ce livre?



    13 novembre 2017 à 9 h 42 min

    Pour moi, ce n’est pas un raté. Bien au contraire. Il me semble que l’image boucle admirablement l’objectif de l’auteur. On ne tombe pas dans le douceâtre, on termine avec panache grâce à un clin d’oeil.



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