Titre : LaRose
Auteur : Louise Erdrich
Littérature américaine
Titre original: LAROSE
Traducteur : Isabelle Reinharez
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 514
Date de parution : 18 janvier 2018

Dans le Dakota du Nord, à la limite de la réserve, Landreaux, indien catholique fervent respectueux des coutumes de son peuple est en train de chasser le cerf. Mais lorsqu’il tire, c’est Dusty, fils de cinq ans de ses voisins et amis qu’il abat.
Sous le poids de la culpabilité, par respect d’une ancienne coutume indienne et pour apaiser le chagrin de Nola, la mère de Dusty, Landreaux convainc sa femme Emmaline, demi-soeur de Nola de donner son plus jeune fils, LaRose aux parents en deuil.
«  Je donnerais ma vie pour te rendre Dusty. LaRose est ma vie. J’ai fait du mieux que j’ai pu. »
Bien évidemment, personne ne sera plus jamais le même suite à ce drame.
Ce qui pourrait être une histoire relativement simple sur le deuil, la culpabilité, sur l’évolution des comportements dans ce cas de figure peu courant est, dans l’univers de Louise Erdrich, une construction complexe insérant les chemins de vie de personnages secondaires et invoquant le passé des familles de la réserve.

LaRose, ce prénom atypique, a une histoire qui commence avec l’arrière-arrière-grand-mère d’Emmaline. Une enfant sauvage abandonnée par sa mère dans un comptoir commercial isolé du pays ojibwé pour un peu d’alcool est la première LaRose. Depuis, à chaque génération, il y a toujours eu un ou une LaRose, nanti de pouvoirs particuliers, notamment celui de dépasser les limites entre les vivants et les morts. D’ailleurs le jeune LaRose a une perception particulière qui apaise tous ceux de son entourage. Il console Nola, il calme Maggie, sa fille tempétueuse, il donne de la force à Emmaline, il comprend son père et voit les morts. Tout le monde l’aime car il est la paix et le bonheur incarnés.

Pour Louise Erdrich, remonter dans le temps permet de rendre hommage au peuple ojibwé parqué dans les réserves, soumis au pouvoir de l’alcool et de la drogue, dont les enfants furent envoyés dans des pensionnats pour en faire des « blancs » mais nimbé de cette grandeur d’âme et de cette culture liée aux légendes indiennes. J’aime toujours autant y croiser l’humour et la franchise des anciens.
Mais en 1999, elle nous montre aussi l’évolution des mentalités. Le prêtre Travis est un ancien Marine et Hollis, le fils de Roméo, élevé par Landreaux et Emmaline (l’histoire d’amitié entre Landreaux et Roméo, qui se sont rencontrés dans un pensionnat est aussi très belle et aventureuse) est prêt à s’engager pour son pays.
«  Depuis qu’ils ont attaqué les Tours jumelles, reprit Hollis, j’y pense. Mon pays m’a bien traité.
Quoi?Roméo était scandalisé. Mais tu es un Indien!
Je sais, oui, les Blancs nous ont pratiquement anéantis. Mais quand même, les libertés, non? Et on a des écoles, des hôpitaux, et aussi le casino. De nos jours, quand on foire, en général, on foire perso..
.. »

LaRose est un roman dense où chaque personnage est incarné, détaillé, touchant. Avec ce récit singulier, Louise Erdrich continue à explorer le passé des ojibwés pour mieux nous expliquer leur présent. Sa grande maîtrise de cet univers donne un récit complexe mais passionnant et envoûtant.

Je remercie Léa et les Editions Albin Michel pour cette superbe lecture dans le cadre du Picabo River Book Club.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

23 janvier 2018 à 10 h 28 min

J’avais adoré ma première expérience Erdrich avec « Dans le silence du vent ». Ton avis me pousse à recommencer!



23 janvier 2018 à 10 h 40 min

Chaque livre que publie Louise Erdrich me donne envie! Il faut vraiment que je prenne le temps de me replonger dans son oeuvre.



23 janvier 2018 à 13 h 13 min

Très jolie chronique, j’ai une furieuse envie de le lire 😉



23 janvier 2018 à 14 h 07 min

Il m’attend dans ma liseuse, j’ai hâte de le lire, maintenant.



23 janvier 2018 à 14 h 09 min

Un livre que j’ai noté et tu me donnes vraiment envie de m’y plonger



23 janvier 2018 à 14 h 46 min

Il y a longtemps que j’apprécie cette auteure…depuis que je me suis intéressée aux amérindiens, après un voyage au Canada…



23 janvier 2018 à 22 h 34 min

Je ne me souviens plus bien de La malédiction des colombes, mais je n’avais pas été emballée… j’avais trouvé ma lecture confuse… ton billet me tente, mais je ne suis pas sûre de voir ce titre rejoindre ma PAL…



24 janvier 2018 à 6 h 33 min

et tout ça a fini en librairie !



Laure Micmelo
24 janvier 2018 à 8 h 00 min

J’avoue en tout petit que je n’ai jamais lu Louise Erdrich, ce livre semble être la bonne occasion de la découvrir.



24 janvier 2018 à 8 h 54 min

Une de mes tentations de 2018 ! Seul Le pique-nique des orphelins ne m’avait pas accrochée… j’espère retrouver la Louise Erdrich que j’aime, avec ce roman.



24 janvier 2018 à 20 h 07 min

ça a l’air superbe !!!! Je le mets tout de suite dans ma liste d’envies 🙂



25 janvier 2018 à 11 h 47 min

Je n’ accroche pas avec cette auteure mais la lecture de ton billet me donne envie de retenter !



26 janvier 2018 à 14 h 28 min

J’aime bien les livres de Louise Erdrich. Je n’ai pas lu celui-ci mais ton billet me donne envie de le découvrir.
Daphné



30 janvier 2018 à 23 h 13 min

Waouw ça claque le début du résumé!! Effectivement, je me souviens de cette coutume que j’avais lu dans un livre et qui m’avait marquée!! Bref, en plus un Louise Erdrich…!! et si j’hésitais encore, ta chronique a fini de m’achever! Il me faut ce livre!! 🙂



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