Titre : A malin malin et demi
Auteur : Richard Russo
Littérature américaine
Titre original : Everybody’s fool
Traducteur : Jean Esch
Éditeur : Éditions de la Table Ronde
Nombre de pages : 700
Date de parution : 24 août 2017

 

Venez visiter Bath, cette petite ville poisseuse qui répand sa mauvaise odeur et la folie de ses habitants jusqu’aux confins de sa voisine, la moderne et dynamique Schuyler Springs. Plus on est de fous et plus on rit!

Commençons les présentations avec Douglas Raymer, qui, comme lui disait Mrs Beryl, sa professeur d’anglais ne sait même qui il est. Et cela ne va pas en s’arrangeant puisqu’il part à la dérive depuis la mort de sa femme, vivant dans un immeuble pourri et mal famé au sud de la ville. Nous le découvrons comme un homme dépressif, torturé par la jalousie. Le jour où il découvre sa femme tant adorée, morte en bas de l’escalier, elle s’apprêtait à le quitter pour un autre homme. Mais qui est ce rival qu’il espère démasquer grâce à une télécommande de porte de garage découverte dans la voiture de sa femme?
Seule son adjointe, Charice, une belle femme noire, jumelle d’un officier de police un peu perturbé, frimant à bord d’une Mustang rouge, parvient à lui maintenir les pieds sur terre.

Entrons maintenant chez Hattie, un bar de la ville où traîne chaque matin le vieux Sully. Depuis qu’il se sait condamné à mourir prochainement d’une crise cardiaque, il aime venir regarder la serveuse, Ruth, son ancienne maîtresse. Mais leur histoire est terminée. Ruth veut se consacrer à son mari, un collectionneur d’objets insolites, à sa fille Janey, divorcée de Roy, un homme violent qui sort de prison et à sa petite-fille Tina.
Sully, soixante-dix ans, n’a qu’un seul ami, Rub Squeers, un tendre idiot bègue et un chien du même  nom qui se mord le sexe en permanence.

Dans les rues de Bath, vous pourrez aussi croiser Alice, parlant à des amis imaginaires avec son téléphone portable. Elle est la femme du maire, un idéaliste qui pensait pouvoir relever Bath et soigner Alice. Vous ne pourrez manquer de repérer Carl, un entrepreneur véreux qui ruine son entreprise par son incompétence. Et bien sûr la mémoire de Mrs Beryl, une femme qui, en son temps,  a tenté d’éduquer cette jeunesse aujourd’hui perdue dans ses désillusions.

Il y a dans tous ces personnages un côté délirant, incontrôlable et attachant. Et bien évidemment, ils créent bon nombre de situations confuses, de bagarres, de règlements de compte.
Dans le cimetière de Hilldale, les cercueils refont surface. Le mur d’un immeuble s’effondre en pleine rue sur la voiture de l’affreux Roy. Et un cobra s’échappe d’un immeuble du Morrison Arms où habite Douglas Raymer, en proie à un dédoublement de personnalité.

Richard Russo maîtrise son intrigue avec brio dans cette comédie déjantée où l’on ne s’ennuie pas une seule seconde.
Je n’avais jamais lu l’auteur, mais, j’ai de suite été amusée par ce ton caustique, captée par ces personnages haut en couleurs et immergée dans cet univers à priori loufoque mais finement humain.

 » On ne pardonne pas aux gens parce qu’ils le méritent, avait ajouté Mrs Beryl. On leur pardonne parce qu’ON le mérite. « 

Un style assez unique qui m’engage à continuer avec cet auteur. Et cela tombe bien, son dernier recueil de nouvelles, Trajectoire est dans ma pile à lire.

Ce titre était la lecture du Poche du mois d’octobre pour le Picabo River Book Club.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

9 novembre 2018 à 10 h 03 min

Les personnages semblent hauts en couleur comme je les aime et leur profil plus que variés sans oublier un atout pour moi, la plume caustique de l’auteur que tu évoques. Alors je ne sais pas si je lirai le roman, mais il a un certain nombre d’atouts pour me plaire 🙂



9 novembre 2018 à 10 h 27 min

Merci tu me donnes encore plus envie de le lire : j’ai Trajectoire dans ma PAL de ce mois-ci 🙂



10 novembre 2018 à 19 h 28 min

Je n’ai toujours pas lu Russo, ce n’est pas faute de le voir sur les blogs régulièrement… Tu m’incites drôlement à lire celui-ci.



12 novembre 2018 à 12 h 59 min

Me voilà tentée par ce que tu dis des personnages.



18 novembre 2018 à 11 h 28 min

C’est un auteur dont j’avais déjà lu un titre avec plaisir (Le pont des soupirs), il faudrait que je poursuive avec lui… 😉



Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :