Titre : Les remplaçants
Auteur : Bernard Carvalho
Littérature brésilienne
Titre original : Os substituos
Traducteur : Elisabeth Monteiro Rodrigues
Editeur : Métailié
Nombre de pages : 208
Date de parution : 29 août 2025

 

Un vol sous haute tension

Le père est un homme d’une cinquantaine d’années, négociant en bois. Il vit dans une villa de São Paulo avec une femme beaucoup plus jeune que lui. Son fils, né d’un premier mariage, passe quelques vacances chez lui. Le père décide de l’emmener dans son petit avion jusqu’à sa fazenda, située en pleine forêt amazonienne. Amateur de sensations fortes, il aime prendre des risques en vol et effrayer ses passagers. Pour tromper son angoisse, le fils se plonge, pour la énième fois, dans son roman de science-fiction favori.

Le voyage tourne au cauchemar lorsque le père est frappé par une crise de paludisme en plein vol. Mais l’angoisse du fils ne s’arrête pas là. Arrivé à la fazenda, le père disparaît toute une nuit. En surprenant des conversations à la radio entre son père et l’administrateur du domaine, le fils commence à soupçonner l’existence d’affaires troubles.

Une relation père-fils complexe

Le père a beaucoup souffert de la séparation avec son fils. Pourtant, lorsqu’il en a la garde, il semble souvent incapable de le supporter. Homme impulsif, volage et provocateur, il voit dans ce fils toujours absorbé par la science-fiction un être radicalement différent de lui.

Des années plus tard, le fils, devenu adulte, revient sur cette relation conflictuelle. S’est-il construit en opposition à ce père au point de devenir homosexuel ? Cette orientation est-elle une forme de mise à distance ? En se lançant dans des études d’anthropologie et en travaillant sur la disparition du peuple des Okanos, cherche-t-il à comprendre ce que son père a réellement fait en Amazonie ?

Sous cette relation obscure entre père et fils se dessine également le portrait d’un pays et de son histoire.

Un roman obscur

Les remplaçants est un roman particulièrement obscur. D’une part par l’entrelacement de plusieurs récits : la relation père-fils, le roman de science-fiction lu par le fils et les légendes des peuples amazoniens. Dans la seconde partie, le fils adulte est confronté aux tourments de son amant, un jeune acteur victime d’abus de la part de son directeur de théâtre.

Il m’a semblé que la dimension pourtant essentielle de la critique de la dictature militaire et de son action néfaste sur la forêt amazonienne se diluait dans les souvenirs personnels et introspectifs du narrateur. Les personnages, dépourvus de noms, restent difficiles à saisir, et j’ai peiné à m’y attacher. Le roman de science-fiction occupe une place considérable dans le récit. Il symboliserait la révolte contre la famille mais le lien demeure ténu, voire peu lisible.

 

 

Auteur

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Commentaires

19 décembre 2025 à 12 h 33 min

J’aurais volontiers lu un roman brésilien après avoir vu le film L’agent sécret et visité l’exposition Amazonia. Est-ce aussi obscur que cela?



    23 décembre 2025 à 18 h 39 min

    Je crois que cet auteur n’est pas pour moi.
    Je dis obscur parce que je n’ai pas bien saisi le lien entre le roman lu par le fils et le récit principal. L’auteur mêle aussi les moments du récit. Et comme je le dis dans ma chronique, le comportement du père est chaotique. Son fils lui manque mais il peine aussi à le supporter, à s’en occuper.



22 décembre 2025 à 11 h 44 min

Les aspects obscurs de ce roman t’ont gênés. Parfois, cela ne me gêne pas de ne pas avoir toutes les réponses en refermant le livre.



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