Titre : Au fond des années passées
Auteur : Jens Christian Grondahl
Littérature danoise
Titre original : Fra I nat sover jeg på taget
Traducteur : Alain Gnaedig
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 224
Date de parution : 4 septembre 2025

 

Un amour de jeunesse qui ne s’éteint jamais

Jeune étudiant, le narrateur rencontre Anna Secher, une jeune femme farouchement éprise de liberté. Ses yeux verts, ses paupières tombantes, son allure bohème : Anna fascine immédiatement. Elle incarne une promesse de vie intense, ouverte, affranchie des conventions.
Mais Anna fréquente aussi Claes, un peintre pour lequel elle pose nue. La jalousie s’insinue, silencieuse et corrosive. Puis, après une nuit passée chez Claes, Anna disparaît sans explication.

Pris dans des tourments personnels et politiques liés à son ami Hans-Georg, le narrateur tente d’enfouir ce premier amour, de tourner le dos à sa jeunesse. Pourtant, cette histoire ne s’efface jamais vraiment : elle demeure tapie « tout au fond des années passées ».

Trente-sept ans plus tard

Le narrateur vit désormais à Østerbro. Marié pendant vingt-six ans, père de Sofie, il est aujourd’hui divorcé. Son couple s’est délité et sa femme a choisi de le quitter lorsqu’elle a appris qu’il était atteint de la maladie de Parkinson. Alors qu’il se croyait arrivé au terme de sa vie affective, il croise Anna par hasard, courant dans le Fælledparken.
Contre toute attente, il ne ressent pas ce choc viscéral qu’il redoutait. Il éprouve plutôt une joie calme, presque évidente. Très vite, le plaisir de l’échange renaît.

Ils se confient l’un à l’autre. Il lui parle de sa maladie. Elle lui confie sa souffrance conjugale. Mariée à Jan, présentateur de télévision célèbre, Anna est confrontée à une double trahison : son mari est accusé de viol par Clara Früs, une stagiaire, et il envisageait de quitter Anna — stérile — pour vivre avec Clara, enceinte.

Dire l’amour, dire le lien

Les conversations entre le narrateur et Anna constituent le cœur vibrant du roman. Elles portent sur les relations amoureuses, le couple, la fidélité, la durée — autant de thèmes que Grøndahl explore avec une délicatesse remarquable. Ce qui peut d’abord sembler superficiel révèle en réalité une réflexion profonde et nuancée sur la manière dont les êtres se choisissent, se quittent et se manquent.

Être ensemble

Une question traverse tout le roman : Anna et le narrateur étaient-ils faits pour être ensemble ? Et si oui, pourquoi cela n’a-t-il pas eu lieu dans leur jeunesse ?
Pourquoi le narrateur a-t-il épousé Eva ? Était-ce le besoin d’être quelqu’un pour quelqu’un, le temps de construire une vie, une famille ? Quelle place l’enfant occupe-t-il dans le couple ? Comment concilier ambitions professionnelles et vie intime ? Comment pardonner l’abandon, la trahison, ou simplement l’échec ?

À travers l’histoire de Jan, Jens Christian Grøndahl aborde aussi les questions du sexe, du pouvoir et du consentement. Sa position peut sembler peu tranchée, mais ces enjeux restent en arrière-plan : le roman s’attache avant tout à l’intime, à la complexité des sentiments plutôt qu’au jugement moral.

Impression de lecture

Je regrette d’avoir lu ce roman pendant les fêtes de fin d’année, à une période où j’étais peu disponible mentalement. Lu dans d’autres circonstances, Au fond des années passées aurait sans doute été un véritable coup de cœur. C’est un roman d’une grande finesse, qui demande du temps, de l’attention, et une certaine disponibilité intérieure.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

8 janvier 2026 à 13 h 19 min

Nous ne sommes parfois pas maitre de notre calendrier de lectures…



    11 janvier 2026 à 9 h 02 min

    La lecture demande souvent de la concentration. J’avais hésité sur le livre à lire à ce moment. J’ai choisi un auteur dont je connaissais bien l’univers.
    J’ai tout de même beaucoup apprécié ce roman.



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