Titre : Là où tu vas. Voyage au pays de la mémoire qui flanche
Auteur : Étienne Davodeau
Editeur : Futuropolis
Nombre de pages : 160
Date de parution : 8 octobre 2025

 

La genèse de l’album

Étienne Davodeau puise depuis toujours son inspiration dans le réel, dans les visages et les histoires de ceux qui l’entourent.
Sa compagne, Françoise Roy, infirmière de formation, travaille auprès de personnes atteintes de pathologies neurodégénératives.
Chaque matin, ils se souhaitent une bonne journée. Chaque soir, elle lui raconte ses rencontres, ses doutes, ses réussites.

Naturellement, le dessinateur est touché par cette approche humaine, empreinte d’écoute et de respect. Peu à peu, il la convainc de transformer cette expérience en bande dessinée.
Si Étienne s’attache aux récits de vie et à la justesse des émotions, Françoise, elle, veille à la précision médicale et à la justesse des mots.

Raconter les choses permet de mieux comprendre.

Les illustrations, d’une grande douceur, laissent volontairement une part de flou. Les noms sont modifiés, les visages esquissés, afin de préserver l’intimité de ceux qui ne peuvent donner leur consentement.

Du cas humain aux conseils

Le couple compose ensemble un récit à la fois sensible et éclairant.
Davodeau croque quelques situations inspirées des récits de Françoise : des moments de désarroi, d’impuissance parfois, mais aussi de petits miracles du quotidien, lorsque la mémoire du corps reprend le relais.
Entre ces histoires, des chapitres plus réflexifs s’intercalent : ils rappellent l’importance du choix des mots, des gestes, des attitudes.

Cette approche, Françoise l’a apprise auprès de l’association québécoise Carpe Diem, fondée en 1985 par Nicole Poirier.
Inspirée par la méthode Montessori, elle la transmet aujourd’hui à son tour aux équipes d’EHPAD, pour un accompagnement plus respectueux et plus humain.

Davodeau, néophyte dans le domaine médical, pose les bonnes questions. Et en artiste, il sait rendre visible l’invisible : un regard qui s’éteint, une silhouette qui vacille, une main qui cherche encore le contact.

Tous concernés

En France, près d’un million de personnes sont atteintes de la maladie d’Alzheimer — un chiffre appelé à croître.
C’est peut-être là où nous allons ?
Ce livre, pourtant, n’invite pas à la peur mais à la compréhension. Il montre que certaines voies existent, que chaque parcours est unique.

Cette bande dessinée éclaire avec pudeur l’importance d’un accompagnement adapté, et redonne de la dignité à ceux que la maladie efface peu à peu.
Elle ouvre la parole sur un sujet de société qui, tôt ou tard, nous touchera tous.

Dans la neige, dans les mémoires, nos traces s’effacent.
Dans les livres, elles résistent — aussi longtemps qu’elles peuvent.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

14 novembre 2025 à 16 h 22 min

J’aime beaucoup le travail d’Etienne Davodeau, et ce sujet me touche beaucoup. Je ne connais pas l’approche de Carpe Diem, mais elle me semble plus que digne d’intérêt. Je lirai cette BD, c’est sûr !



    14 novembre 2025 à 18 h 49 min

    Tu en apprendras davantage sur le travail de Carpe diem si tu lis cette BD 😉 Et je suis certaine que tu le feras.
    J’ai lu Loire récemment, c’était aussi une très belle et touchante histoire.
    Ça ma donne envie de lire d’autres BD de Davodeau.



14 novembre 2025 à 21 h 24 min

Non seulement je vais la lire, mais je vais l’offrir à ma belle-fille qui travaille avec des personnes âgees…



    15 novembre 2025 à 8 h 30 min

    Deux très bonnes idées ! Ce n’est pas un métier facile. Même si ta belle-fille connaît sûrement très bien son métier, cette BD l’intéressera beaucoup.
    C’est aussi un album qui peut conforter les aidants.



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