Titre : Vorace
Auteur : Malgorzata Lebda
Littérature polonaise
Titre original : Lakome
Traducteur : Lydia Waleryszak
Editeur : Noir sur Blanc
Nombre de pages : 270
Date de parution : 15 janvier 2026


Retour dans les Beskides

La narratrice revient à Maj, son village natal niché dans les Beskides. Avec son amie Ann, éclatante de beauté, elle accompagne sa grand-mère en fin de vie.
Au fil des saisons, la nature déploie des paysages changeants : tempêtes violentes, neige silencieuse, chaleur écrasante. Comme en miroir, l’état de la grand-mère oscille entre rémissions fragiles et brusques effondrements.

Dès les premières pages, on comprend que ce séjour ne sera pas seulement un retour aux sources, mais une plongée dans quelque chose de plus vaste : la vie, la mort, la nature, et ce qui relie tout ça.

Cette grand-mère a toujours été du côté du vivant. Elle protège animaux et insectes au grand dam de son mari, tout entier absorbé par le travail de la terre.

Dès que ta grand-mère apercevait une sauterelle dans les blés fauchés, elle abandonnait son travail et allait la ramasser.

À l’inverse, il y a l’abattoir, juste au-dessus du village. Son bruit, son odeur, sa présence sont insupportables. Et pourtant, la terre finit par reprendre ses droits : l’abattoir s’affaisse peu à peu avec les mouvements du sol. Cette image m’a beaucoup marquée, comme une petite vengeance silencieuse de la nature.

Les cycles de la vie

Naissance, vie et mort s’entrelacent dans ce récit lyrique et poétique. Le renard s’accouple avec la nuit, les oiseaux dévorent les cerises, les plantes mortes nourrissent la terre, l’orage purifie le torrent gorgé du sang de l’abattoir.
En filigrane, l’autrice évoque les blessures du passé des différents personnages — pertes, cicatrices, silences. Mais elle ne s’y attarde jamais longtemps. Au contraire, elle en fait jaillir de la lumière, une lumière qui se reflète à l’infini dans la pièce aux vieux miroirs.

Souvent, le texte oppose les extrêmes pour mieux les réunir : la vie et la mort, l’ouest et l’est, le froid et la chaleur. La beauté éclate dans la sauvagerie de la nature.

Poésie et nature

Małgorzata Lebda vit dans les Beskides, et ça se sent à chaque page. Son écriture est profondément poétique, très sensorielle. On sent la boue sous les bottes, le vent sur la peau, l’odeur du sang et des cerises mûres.

Les chapitres sont courts, parfois presque comme des fragments. Ce n’est pas un roman qu’on « résume » facilement : c’est plutôt une expérience, une atmosphère, une suite d’images qui restent longtemps en tête.

Personnellement, j’y ai retrouvé quelque chose de Claudie Hunzinger, une autrice que j’aime énormément, dans cette façon d’écrire le vivant, de mêler l’intime et la nature, le beau et le brutal.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

20 janvier 2026 à 10 h 59 min

C’est intrigant ! Et tu sembles avoir beaucoup aimé. Je vais essayer de l’emprunter car je ne suis pas sûre d’accrocher au style poétique et à la construction particulière, mais cela vaut le coup d’essayer !



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