Titre : Peau vive
Auteur : Gérald Tenenbaum
Editeur : Le Voile des mots
Nombre de pages : 270
Date de parution : juin 2023, première édition 2014
Une peau incandescente
Eve Reizer a trente-sept ans. Chargée de recherches à l’INSERM, elle habite un petit appartement à Paris.
Depuis son enfance, elle souffre d’un mal étonnant. Elle ne supporte pas qu’on effleure sa peau. Amoureuse d’André, un voisin de son enfance, elle ne peut vivre en couple.
Les racines du mal
Alors qu’Eve et sa soeur Irène n’étaient que des enfants, leur mère a quitté le foyer. Volubile et vivante, elle ne supportait plus que Jean, son mari, vive avec ses morts. Jean a perdu toute sa famille dans les camps. Aujourd’hui, il est tailleur de peaux dans un atelier de fourreur. La peau morte est sa matière première. Son atelier est un refuge contre le mal qui l’assaille
La famille est la peau. D’autres peuples le savent depuis toujours et l’enseignent à leurs enfants. Quels que soient ses stigmates, ses plaies et ses meurtrissures, la peau raconte l’histoire commune et vous la grave dans le cœur.
Ève vit mal ce silence. Et elle se souvient vaguement du jour où son père souhaitant entrer dans une synagogue, l’a confiée aux bras d’un inconnu. Elle se souvient de la peau froide de l’inconnu contrastant avec la chaleur de son père. La peau est un rempart contre l’extérieur.
Cet inconnu, un homme taciturne coiffé d’un chapeau tel un juif errant, elle le croise aux moments importants de son existence.
Faire tomber les murs
Eve et André sont de fervents adeptes de cinéma. Et c’est dans une salle obscure que son destin va basculer. Un attentat à lieu dans le cinéma où passe un film controversé sur Jésus. Ève, craignant tout contact avec les clients paniqués, attend trop longtemps dans la salle en feu.
Sauvée par un pompier, elle se retrouve à l’hôpital dans le coma. A son réveil, elle se souvient de ce qu’elle a vu et ressenti de l’autre côté. Les murs peuvent se contourner.
Elle n’a plus qu’une idée en tête. Se rendre à Berlin, au-delà du rideau de fer. Une manière symbolique d’abattre le mur en elle.
C’est un voyage semé d’embûches, de belles rencontres et de révélations.
Un roman écrit en 2014
Mathématicien, Gérald Tenenbaum, après des publications scientifiques, entre en littérature avec le théâtre. Et cela se ressent un peu dans le style de ce roman. Les dialogues sont parfois théâtraux et les décors sont explicitement décrits.
On retrouve déjà ici le style poétique. Pas encore suffisamment retenu, il coexiste avec des descriptions assez basiques du quotidien.
Mais j’aime retrouver dans chacun de ses livres sa maîtrise de la langue, ses références artistiques ( ici, le cinéma et la chanson), sa quête d’identité dans la culture juive ( mythe du juif errant).
J’ai découvert l’univers de l’auteur avec Reflets des jours mauves, qui reste mon roman préféré.

Commentaires
Tu as pu retrouvé un de ses ancien roman, c’est chouette.
Oui certains ont été réédités chez Le voile des mots