Titre : C’était ça ou mourir
Auteur : Thélyson Orélien
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 272
Date de parution : 19 août 2026

 

Quitter sa terre natale

Jonas Dorléon est professeur d’histoire-géographie à Port-au-Prince. Il a vingt-neuf ans. Lorsque son quartier de Carrefour-Feuilles  commence à brûler sous l’assaut des gangs armés, il s’enfuit pour échapper à la mort.
Mais il ne se doute pas que la mort, il va la croiser plusieurs fois sur son chemin.
Avec un sac plastique Carrefour pour tout bagage, contenant un bermuda usé, un bout de savon, la photo de sa mère et un livre de poésie, il va traverser douze pays. C’est le récit de cette traversée que nous raconte Thélyson Orélien.

Rester debout

« Jonas Dorléon, professeur sans classe, poète sans lecteurs, voyageur sans carte » connaît la peur, la mort, l’humiliation tout au long de son chemin.
Il loue ses bras, cire des chaussures, fait rire les passants pour gagner quelques sous. Le rire lui a plus d’une fois sauver la vie.

On rit pour ne pas exploser.

Car il faut survivre à la jungle du Darién, aux attentes interminables dans des campements insalubres, aux coups de machette et aux humiliations des douaniers et des passeurs. Et toujours garder l’espoir et se féliciter d’être encore debout.

Parce que c’est ça, le vrai voyage d’un migrant. Ce n’est pas le trajet, c’est le retranchement, la dépossession, la lente érosion de soi.

Garder un peu d’humanité

Plus que la faim ou le danger, l’humiliation fait plus d’une fois chanceler Jonas. Le racisme, l’inhumanité du personnel des centres comme CBP One â la frontière des Etats-Unis, les attentes interminables rabaissent les migrants à un numéro indésirable.

Fort heureusement, l’humanité se trouve entre migrants de tous pays. Être accueilli dans l’espace de quelqu’un autre est une source de réconfort

C’était ça ou mourir est le récit d’un chemin, « un chapelet de détours, de coups de chance, de mains tendues et de portes fermées. » Thélyson Orélien nous fait vivre ce parcours au plus près de son personnage.
C’est un témoignage puissant qui nous rappelle la motivation des migrants. Une nécessité pour la survie, un risque à prendre malgré le danger.
L’auteur glisse aussi quelques messages puissants. Comme la façon désobligeante de parler de l’immigration dans les médias ou la responsabilité des pays occidentaux dans la situation de certains pays.

On n’a pas besoin de plus d’Haïtiens ici. Mais chez moi, on n’avait pas besoin de plus d’armes non plus. Et pourtant, elles sont arrivées. Et ce sont elles qui m’ont mis dehors.

Un premier roman au style remarquable, un témoignage puissant et une réflexion sur nos comportements.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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