Titre : Une éclaircie
Auteur : Jean-Baptiste del Amo
Editeur : Stock
Nombre de pages : 192
Date de parution : 19 août 2026

 

Une maladie inconnue

Depuis plus de dix ans, Jean-Baptiste del Amo souffrait d’une maladie qu’aucun médecin ne pouvait identifier. C’est une maladie qui l’épuise, lui cause souvent des malaises physiques insupportables.
En septembre 2022, de retour d’un voyage éprouvant au Mexique, il est hospitalisé. Et l’on met enfin un nom sur sa maladie. C’est une pancréatite d’origine héréditaire selon les tests ADN.
C’est un vrai soulagement de nommer l’origine de ses souffrances. Mais dans l’attente d’un traitement adapté, l’auteur reste faible, déboussolé et casanier. Il ne parvient même pas à se réjouir de son déménagement dans une maison solognote en pleine nature.

Ma nuit au musée

Quand Alina Gurdiel lui propose d’écrire pour la collection Ma nuit au musée, Jean-Baptiste del Amo ne s’en croit pas capable. Mais face à son insistance, il se souvient des peintures noires de Goya.
Le peintre souffrait de crises répétitives, sans savoir si elles étaient la conséquence d’une syphilis ou de saturnisme. L’auteur voit donc une similitude avec son état.

Tu approches Goya et son oeuvre avec l’intention, presque le prérequis, de trouver à travers eux ( la vie de l’homme, ses créations) un écho à ton expérience de la maladie.

Le Prado refusant l’accueil d’un hôte , Jean-Baptiste del Amo passera une nuit à l’ermitage de San Antonio de la Florida, dont Goya a peint la coupole et dans laquelle repose, depuis 1919, sa dépouille.

Désordre intime et art

Goya peint ses névroses, la démence, l’incarcération, la dévastation, la solitude. Quand il illustre des scènes de guerre, il associe à la tragédie collective son angoisse existentielle. N’est-ce pas aussi le rôle de l’écrivain ?

Goya est multiple, il conjugue l’académisme d’un siècle finissant à des emportements visionnaires, s’attarde avec une délicatesse inattendue sur la fragilité des corps et la vérité des visages.

Ce live est un récit intime dans lequel l’auteur partage l’impact de sa maladie sur son métier, sur sa vie de couple, sur sa façon d’habiter de nouveaux lieux de vie. D’ailleurs, afin de garder une certaine distance, il rédige son texte à la seconde personne du singulier.

En commençant à écrire à la deuxième personne, tu fais mine de t’adresser à un autre que toi, tu cherches la distance qui te permettra un semblant d’objectivité et, peut-être, te préservera du retour de flamme.

C’est un récit un peu complexe et sombre où se mêle l’intime et l’analyse de l’oeuvre d’un grand peintre. On ne peut que se réjouir de savoir que ce travail d’écriture, aussi pénible qu’il ait pu être à son commencement, se solde par une éclaircie pour l’auteur.

Auteur/autrice

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

25 septembre 2026 à 11 h 40 min

Magnifique conclusion qui correspond à mon ressenti !



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