Titre : Choses que je croyais perdues
Auteur : Clémentine Mélois
Editeur : L’Arbalète Gallimard
Nombre de pages : 176
Date de parution : 20 août 2026
Les objets du souvenir
Emilie est seule dans son appartement. Elle fait ses derniers cartons avant son déménagement. C’est une page qui se tourne. Celle d’un couple parti à la dérive.
Chaque objet lui rappelle un instant de sa vie. Ce sont des ponts « entre le visible et l’invisible »
Fille de parents chineurs, elle a toujours aimé sauver les objets. Un rouleau de sopalin, un article sur une feuille de journal, une assiette réparée peuvent l’emmener très loin. Un ensemble couleur poil de chameau lui rappelle la première rencontre avec les parents de Tristan.
Un amour toxique
Emilie travaillait à l’atelier de gravure dans un atelier municipal. Elle a rencontré Tristan, chef de projet logiciel, lors d’un pot à la mairie. Au bout de plusieurs années, il reste réticent à tout engagement. Il ne veut pas la quitter mais il lui dit souvent qu’elle n’est pas désirable. Alors, pendant des années, elle a essayé de contraindre sa nature profonde, d’être une autre pour lui plaire. Mais leur couple ressemblait à « un bonbon Menthos plongé dans un verre de coca. »
Il va me falloir du temps pour réapprendre à vivre et à penser par moi-même, en espérant que ce soit comme le vélo : un truc qui ne s’oublie pas.
La brocante des histoires
Clémentine Melois illustre un moment douloureux de la vie d’un couple. Mais elle le fait en nous racontant des histoires avec un certain humour. Fort heureusement, elle ne s’attarde pas sur l’emprise dans le couple. Elle relativise avec optimisme en répétant plusieurs fois que la vie est faite de ruptures successives et que les histoires font de nous ce que nous sommes.
Mais tu vois, ce n’est pas si grave : tant que je pourrai raconter leur histoire, toutes ces choses ne seront pas vraiment perdues.
Alors, on prend plaisir à suivre Emilie dans ses souvenirs. Mais c’est un plaisir de courte durée. Une fois lu, il ne reste pas grand chose de ce récit.
Ce roman s’est maintenu dans la dernière liste pour le Prix Goncourt 2026. Et je m’en étonne encore.
