Titre : La correspondante
Auteur : Virginia Evans
Littérature américaine
Titre original : The correspondent
Traducteur : Leïla Colombier
Editeur : La Table ronde
Nombre de pages : 336
Date de parution : 8 janvier 2016
Une façon de vivre
Dès ses neuf ans, la lettre prend une importance capitale dans la vie de Sybil. Adoptée par les Stone, une famille américaine aimante, Sybil écrit sa première lettre en 1948 à l’auteur de Mary Poppins. En 1956, elle commence une correspondance suivie avec Rosalie, sa meilleure amie et future belle-soeur.
Aujourd’hui, à soixante-treize ans, Sybil vit seule dans une belle maison du Maryland. Elle aime aller marcher au bord du fleuve, participer au club de jardinage, et surtout écrire. La correspondance est le pilier de sa vie.
Parfois obligée d’utiliser le mail, elle préfère toujours envoyer une lettre manuscrite. Ainsi, elle écrit à Felix, son frère, un orphelin irlandais lui aussi adopté par les Stone, établi en France. A Rosalie, son éternelle confidente. Mais aussi à Harry, le fils autiste du juge Landy et aux auteurs des romans qu’elle a aimés.
D’ailleurs, elle entretient une correspondance suivie avec Joan Didion. Les deux femmes ont vécu un même traumatisme, la perte d’un enfant.
Une vie au fil des mots
De lettre en lettre, Virginia Evans donne à voir la vie de Sybil. La mort de son patron, la réception de lettres anonymes puis un test ADN offert par son fils plongent la vieille dame dans son passé.
Enfant abandonnée, greffière chevronnée faisant parfois passer son travail avant sa vie privée, épouse de Daan Van Antwerp, un belge immigré aux Etats-Unis, mère de trois enfants, divorcée, grand-mère puis retraitée. Un petit bout de femme d’un mètre cinquante cinq qui n’a pas la langue dans sa poche.
A soixante-treize ans, alors que sa vue baisse dangereusement jusqu’à la cécité annoncée, Sybil n’entend pas baisser les bras. Elle pourrait même vivre une nouvelle histoire d’amour.
En effet, Sybil, avec son sens de la répartie, est irrésistible. Certes, il peut y avoir quelques frottements avec Rosalie, son voisin ou ses enfants. Mais la vieille dame sait aussi donner. Ainsi, elle devient un refuge pour le jeune Harry et elle crée des liens amicaux avec tous ses correspondants, quelqu’ils soient.
E pourtant, au fond de son coeur, il y a tant de blessures.
Un personnage inoubliable
Virginia Evans parvient à donner du rythme, du suspense dans ce recueil de correspondance. Notamment grâce à la personnalité de Sybil mais aussi avec une construction qui reconstitue le passé de cette vieille dame si attachante.
Au fil des lettres, toute une vie se déroule.
De plus, l’auteur manie l’impertinence, le drame mais aussi l’humour. Malgré ses blessures, Sybil garde un esprit curieux. J’ai aimé suivre ses lectures ( souvent en phase avec mon univers littéraire) dans chaque lettre échangée avec Rosalie.
Je ne ferais jamais confiance à quelqu’un qui n’est pas lecteur.
C’est dire l’importance des mots, traces immortelles, pour cette femme que je ne suis pas prête d’oublier.
Je me réjouis de retrouver Sybil interprétée par Jane Fonda dans une adaptation cinématographique à venir.
