Titre : On était des poissons
Auteur : Nathalie Kuperman
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 272
Date de parution : 6 janvier 2021

 

 

La Citadelle

Une semaine avant la fin de l’année scolaire, Alice emmène sa fille en vacances. Agathe a onze ans, elle est en sixième, et ce départ précipité la contrarie. Il a le goût d’une fuite.

Depuis que son mari l’a quittée pour une autre femme, et que le couple est parti refaire sa vie aux États-Unis, Alice perd pied. Agathe surprend parfois ses pleurs, étouffés derrière une porte.

Alice veut retourner à Saint-Clair, ce lieu de l’enfance où tout semblait encore intact. Mère et fille s’installent à La Citadelle, un hôtel tenu par Mme Platini, amie de la grand-mère d’Alice.

Mme Platini connaît le passé de la jeune femme. Mais pourra-t-elle préserver Agathe des dérives de sa mère ?

La transmission des mères

La mère d’Alice est morte en lui donnant naissance. L’enfant a été élevée par Augustine, sa grand-mère. C’était une femme sévère, rigide, qui n’aimait déjà pas sa propre fille.

Que peut transmettre une mère qui n’a jamais connu la douceur ?

À la naissance d’Agathe, Alice a renoncé à sa carrière de rédactrice en chef dans un magazine de mode. Elle s’est tournée vers la cuisine pour « nourrir » son enfant, devenant peu à peu auteure de livres culinaires.

Elle a offert à sa fille des plats soignés, mais n’a jamais su lui transmettre la tendresse ni la confiance.

Durant ce séjour à La Citadelle, elle oscille sans cesse.  De manière soudaine, elle passe de l’élan affectueux à la critique mordante. Sa « petite salamandre » devient soudain un « macaroni trop mou » qui mange trop.
« Maillot de bain », lance-t-elle — et c’est l’ordre d’aller à la plage.

Elle attire, puis repousse. Et parfois, elle abandonne Agathe, sur le sable ou ailleurs.

Elle que j’aimais tant voulait que je la haïsse. Et je n’y arrivais pas.

Une enfant en danger

Agathe voudrait suspendre le temps, prolonger les instants heureux, ne poser aucune question pour ne pas briser la magie. Sa mère est si belle dans sa robe rouge, si lumineuse quand aucune ombre ne trouble son regard.

Mais Alice est imprévisible. Aux élans d’amour succèdent les reproches, aux gestes tendres les rejets.

Le roman oscille ainsi entre douceur et malaise, entre éclat et solitude.

Comme dans le livre qu’Agathe lit en silence, une question demeure. Faut-il continuer à affronter la noirceur tapie au cœur de la famille ou la jeter à la mer pour enfin s’en libérer ?

Auteur

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