Titre : Rose, Marie & Dalida
Auteur : Catherine Gucher
Editeur : Le mot et le reste
Nombre de pages : 240
Date de parution : 23 janvier 2026
Rose et ses idoles
Rose a à peine vingt ans et déjà trois enfants. Elle vit à Sainte-Rose, dans les Hauts, un territoire fragilisé par les coulées de boue et les éruptions volcaniques. Entre cyclones et catastrophes naturelles, les habitants s’accrochent comme ils peuvent. Ainsi, certains prient Notre-Dame-des-Laves, d’autres placent leurs espoirs dans les discours syndicaux. Mais ni la foi ni la politique ne semblent pouvoir infléchir le destin de Rose.
Pour échapper à une réalité étouffante, la jeune femme se réfugie dans ses rêveries, se confie à Marie-au-parasol ou s’abandonne aux chansons de Dalida. Ce sont pour elle de rares moments de grâce dans une vie marquée par la précarité.
La 2 CV rouge
Esther Dorsainville, assistante sociale, parcourt les routes de Sainte-Rose. Encouragée par Thérèse, la mère dure et méprisante de Rose, elle pousse la jeune femme à signer une demande d’adoption pour son fils aîné, Gabriel, six ans. Elle lui promet un avenir meilleur, des retrouvailles possibles.
Mais Rose est loin d’imaginer ce qui attend son enfant.
À la fin des années 1970, des services sociaux organisent le départ de jeunes garçons robustes vers les fermes de la Creuse, arrachés à leur terre natale sous couvert d’un avenir meilleur.
Pour compenser la perte de ses allocations, Rose est embauchée dans la vanilleraie de Madame Delbac. Entre ces deux femmes se tisse un lien silencieux, nourri d’une même blessure : celle d’être mère d’un fils. Car ce sont les fils, ici, qui façonnent et brisent les mères.
Les enfants de la Creuse
Le remords et la douleur s’installent durablement. Rose doit aussi faire face aux cris et aux attentes de ses deux filles, Lysiane et Dorise. Isolée, elle ne peut compter ni sur une mère qui la rejette, ni sur un mari alcoolique, absorbé par les combats de coqs.
Lorsque Lysiane, brillante et déterminée, quitte l’île pour devenir infirmière à Paris, Rose vacille et sombre peu à peu dans la folie.
Inspirée de l’affaire des enfants de la Creuse, Catherine Gucher choisit de raconter l’histoire du point de vue des mères — celles à qui l’on a arraché leurs enfants. Rose en incarne toute la tragédie. Cette jeune femme devenue mère trop tôt, manipulée par les hommes et les institutions, écrasée par un environnement hostile, s’enferme dans le silence. Jusqu’au jour où un médecin parisien amorce la libération de sa parole. Avec l’aide de Lysiane, en quête de vérité, Rose pourra-t-elle encore se reconstruire ?
À travers ce roman, Catherine Gucher restitue avec justesse l’atmosphère d’une île délaissée par la métropole. Son écriture, nourrie d’un solide travail de recherche, embrasse les dimensions politiques, sociales, climatiques et religieuses d’un lieu. Tout en plaçant l’humain au centre de son récit.
Sans pathos, mais avec une grande intensité émotionnelle, elle dépeint la condition féminine dans ce qu’elle a de plus vulnérable et de plus résilient. Rose est une héroïne bouleversante, entourée de figures féminines fortes et profondément incarnées.
Sur la croix, il y a toujours un fils ; au pied de la croix, il y a toujours une mère — pour l’éternité.

Commentaires
Ma libraire me l’avait conseillé, mais j’ai choisi un autre titre. Je vais voir si il est à la BM.
Et tu as choisi quel roman ?