Titre : La congregation des magnifiques
Auteur : Bergthóra Snaebjörnsdóttir
Littérature islandaise
Titre original : Duft – Söfnudur fallega folksins
Traducteur : Hadrien Chalard
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 480
Date de parution : 1 avril 2026

 

L’enfance

La personnalité est indéniablement lié aux expériences de l’enfance et à l’éducation parentale reçue.
Veronika est la fille unique d’Halldora et d’Hákon. Hákon, fils d’un riche industriel est un homme imposant, sanguin et poilu. Adepte de l’aérobic, Halldora, petite, sportive et mignonne, crée avec son mari une salle de sport. Très vite, les affaires fonctionnent bien. Le couple fait construire une immense maison appelé le palais de verre et fait la une des tabloïds.
Par contre, ils ont peu de temps pour s’occuper de leur fille. Veronika peine à s’intégrer à l’école. Ses amies, promptes à profiter du luxe du palais de verre, se moquent régulièrement de la tache de naissance et de la carrure de Veronika. Quand Eva, sa meilleure amie la traite de « grosse vache », Halldora propose à sa fille de faire un régime.

Le divorce

Elevée dans le luxe et le culte de l’apparence, Veronika souffre de sa carrure de bûcheron et peine à trouver de réelles amitiés. Ses parents ne vivent que pour leur carrière, et le couple devient de plus en plus toxique.
Au divorce de ses parents, Veronika doit affronter la rage amplifiée par l’alcool de sa mère et la liaison de son père avec un mannequin de vingt-cinq ans. Avec l’un et l’autre, elle plonge dans une vie de débauche.

D’après ma psychologue, mes parents m’avaient privée de mon imagination dès l’enfance, en m’offrant tout ce que je désirais.

La trentaine

Après un master en ingénierie financière, Veronika est apte à reprendre la gestion de la salle de sport de ses parents. A trente ans, célibataire, boulimique, elle ressent une immense impression d’échec. Avec plusieurs tentatives de suicide, elle s’effondre quand Diddi, son petit ami, meurt de froid dans une congère.
Lors de l’enterrement, elle rencontre Prince. Cet anglo-roumain surdoué, est le fondateur de Biology of Bliss. Veronika le suit à Tenerife afin de suivre son programme médical. Dans un confort sommaire, les résidents suivent une prescription en fonction de leurs maladies potentielles.

Il m’arrive de dire, sur le ton de la plaisanterie, que si ce projet était vraiment une secte, ce serait la congrégation des magnifiques. Des gens qui s’aiment, qui prennent soin d’eux. C’est incroyable à quel point quelques kilos en moi s ou des dents refaites peuvent embellir une personne.

Dans une ambiance plus rustique et sombre, retombe peut-être dans de pires dérives.

De la curiosité naît l’intérêt, et de l’intérêt l’attention. L’attention est le bien le plus précieux que vous puissiez offrir, à vous-même comme à autrui.

D’ailleurs et d’ici

Ce roman a été sélectionné pour la seconde édition de l’opération D’ailleurs et d’ici. « Grasset, Gallimard, Albin Michel et Stock … qui ont en commun une longue tradition dans la publication de littératures étrangères, ont décidé d’unir leurs efforts afin d’accompagner ces nouvelles voix venues d’ailleurs, qui par la traduction deviennent également des voix d’ici. »
Parmi les quatre titres, j’avais choisi le roman de l’islandaise Bergthora Snaebjörnsdóttir.

Avec une narration mêlant gravité, humour et cynisme, l’autrice illustre avec finesse la difficulté de se construire au sein d’une famille ou plus largement d’une société, façonnée par le culte de l’apparence. Si la première partie, malgré quelques longueurs, dépeint avec justesse l’environnement toxique dans lequel Veronika tente d’exister, la seconde, plus aventureuse, m’a paru plus inégale et parfois moins convaincante. À l’image d’un dénouement aussi étrange que déroutant

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Sur la route de jostein

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture