Titre : Pitié
Auteur : Andrew McMillan
Littérature anglaise
Titre original : Pity
Traducteur : Laurent Trèves
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 240
Date de parution : 26 mars2025

 

Trois temps

Passé, présent, avenir. Trois générations se mêlent sur un lieu marqué par une catastrophe minière. Andrew Mc Millan tente d’unifier les temps.
Avant, il y avait ces hommes, debout à l’aube, traversant une ville endormie pour rejoindre la mine.
Puis deux frères, Alex et Brian, découvrent la sexualité grâce à un magazine porno.
Et ils sont aujourd’hui adultes. Alex a un fils, Simon qui se produit en drag queen dans le bar de Sheffield. Simon assume son homosexualité. Habillé en Puttana short dress, il se sent complètement lui-même. Même si son petit ami, Ryan, semble avoir honte de ses traces de maquillage.

La cartographie des lieux

Brian a travaillé à la mine. Son père y a trouvé la mort dans les années 70. Il participe à un projet de cartographie des lieux de son enfance. Les mines n’existent plus. La nouvelle route fut construite en 1995 sur les anciennes mines, sur les corps ensevelis des mineurs. De nouveaux commerces, de nouvelles habitations ont remplacé l’ancien décor.
Que reste-t-il aujourd’hui de ces espaces industriels construits là où la main d’oeuvre était bon marché ? Qui se souvient des mineurs en grève ?

C’est le cinquantième anniversaire de la catastrophe minière d’Aberfan. Si les lieux ont changé, si le pays a oublié, les enfants et petits-enfants des mineurs continuent de sombrer dans cette mine.

Une construction originale

La construction du roman en trois temporalités est assez perturbante. Il semble y avoir un gouffre entre le récit martelé des mineurs qui se dirigent vers leur lieu de travail et celui de Simon et Ryan. Puis vient s’y intercaler le travail de mémoire de Brian.
On avance à tâtons dans cette histoire. Mais on y perçoit une grande sensibilité. Tant dans l’évocation subtile de la catastrophe minière que dans la fragilité de la relation entre un fils qui assume pleinement son homosexualité et son père qui a toujours caché la sienne.
Le lien entre les générations se fait aussi autour de Margaret Thatcher. Si la première ministre ne s’est jamais déplacée à Barnsley, Simon saura la convoquer dans son spectacle.

Un premier roman sensible mais une construction originale, éclatée assez perturbante.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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