Titre : Inventaire des abysses illustré
Auteurs : Caroline Pellissier et Virginie Aladjidi
Illustrateur : Emmanuelle Tchoukriel
Editeur : Albin Michel Jeunesse
Nombre de pages : 48
Date de parution : 10 septembre 2026

 

Un monde inconnu

Les abysses sont considérés comme un milieu hostile. Et on a longtemps cru qu’ils abritaient des monstres marins fantastiques. Leur exploration est difficile, coûteuse et nécessite du matériel sous-marin de haute technologie. Les principaux pays ont investi dans des véhicules actionnés à distance ou quelques engins habités pouvant descendre jusqu’à 6000 mètres de profondeur. Mais en comparaison, le surface de la lune est mieux connue des scientifiques que le monde des abysses.
Les pages d’introduction de cet album illustré nous rappellent quelques généralités sur la structure des fonds marins, les caractéristiques nécessaires de ses habitants, leur façon de se nourrir.

 

 

Les quatre zones des fonds marins

Les fonds marins sont la continuité du plateau continental. 80% des fonds marins sont plats et situés à 4000 mètres de profondeur.
Les différentes espèces marines présentes dans les abysses sont extrêmement diverses. Leurs caractéristiques et leurs comportements dépendent de la zone de profondeur où elles vivent.
On distingue quatre zones. La zone crépusculaire, qui va de 200 mètres à 1000 mètres, ne bénéficie pas de la lumière du soleil mais une légère lueur demeure.  A cette profondeur, il n’y a déjà plus de plantes ou de phytoplancton. Les espèces se nourrissent de neige marine ( particules d’algues, restes d’animaux ou de déjections qui tombent au fond de l’océan.
La zone de minuit, entre 1000 et 4000 mètres de profondeur, est presque entièrement sombre.
Dans la zone abyssale, entre 4000 et 6000 mètres, aucune lumière ne pénètre. Les  espèces marines y sont albinos ou aveugles.
Et enfin, la zone hadale, au-delà de 6000 mètres, se trouve dans les fosses océaniques. C’est sûrement là que l’on trouve les plus curieuses espèces.

Des illustrations impressionnantes

Pour chaque zone, les auteurs présentent quelques espèces répertoriées par les chercheurs. C’est un petit paragraphe avec le nom commun, le nom scientifique, l’année de sa découverte, quelques caractéristiques physiques et comportementales. Et une illustration très réaliste et détaillée qui ressort parfaitement sur le fond noir des pages.


Certaines espèces nous rappellent des poissons ou crustacés connus mais certains sont plutôt extraordinaires.
Cet album est absolument fascinant.

Prendre conscience du vivant

Avec cet album, enfants (et parents d’ailleurs car j’ai appris plein de choses) découvrent un monde insoupçonné et fabuleux. Ces espèces marines ont des morphologies étonnantes, adaptées à leur zone de vie. Beaucoup sont bioluminescentes. Leur corps souvent sans écailles sont gélatineux afin de mieux résister à la pression. Dans les abysses, se côtoient de minuscules êtres vivants ( foraminifères ) et des spécimens gigantesques ( grand cachalot).
Un monde qui, aussi loin de nous, est déjà menacé par la pollution au plastique, par le réchauffement des océans et par les projets d’extraction minière.
Cet album est conseillé à partir de 6 ans. Personnellement, je pense qu’il faut être un peu plus âgé ( à partir de 10 ans) pour vraiment s’intéresser autant aux textes qu’aux illustrations.
Mais c’est un album qui peut accompagner l’enfant pendant plusieurs années. C’est une référence documentaire vers laquelle on revient au fil de l’apprentissage. Et comme je vous le disais plus haut, c’est même un ouvrage fascinant pour les adultes.
Et il y a d’ailleurs toute une collection d’inventaires illustrés. Je vous laisse les découvrir.

Auteur/autrice

contact@surlaroutedejostein.fr

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