Titre : Les noms de Feliza
Auteur : Juan Gabriel Vásquez
Littérature colombienne
Titre original : Los nombres de Feliza
Traducteur : Isabelle Gugnon
Editeur : Seuil
Nombre de pages : 304
Date de parution : 21 août 2026

 

Rencontre avec Feliza

En 1996, alors qu’il venait de s’installer à Paris, Juan Gabriel Vásquez doit subir plusieurs examens médicaux. Dans les salles d’attente ou les transports, un livre l’accompagne. Il s’agit de Notes de presse de Gabriel Garcia Marquez. Une note attire son attention.

La sculptrice colombienne Feliza Bursztyn, exilée en France, est morte de tristesse à 22h15, le vendredi 8 janvier, dans un restaurant parisien.

A vingt-trois ans, Vásquez, ne connaissait pas sa compatriote. Avant de chercher qui elle est,  il se demande comment on peut mourir de tristesse. Cette question le pousse à en savoir davantage sur Feliza.

Bogota et Paris

A partir de photos, de documents, l’auteur tente de reconstruire la vie de Feliza. Pendant des années, il a questionné les gens qui l’avaient côtoyée. Et notamment Pablo Leyva, son mari en 1982.
Installé à Paris, il arpente la rue de Bièvre où le couple a vécu, non loin de l’appartement de François Mitterrand. Il passe dans la rue de l’académie où Feliza était l’élève de Zadkine. Ou devant le restaurant où la sculptrice s’est effondrée.
Au fil des pages, Vásquez raconte la vie de cette jeune fille issue d’une famille de juifs polonais, née à Bogota en 1933.
En 1948, après l’assassinat de Jorge Eliecer Gaitan, candidat libéral à la présidence et les violences de rue engendrées, la mère de Feliza l’envoie dans un internat aux États-Unis. Elle y rencontrera son premier mari, Larry Fleischer dont elle aura trois filles.
Mais très vite, la maternité l’ennuie. La jeune femme aime sortir, rencontrer des artistes. Elle rêve de devenir une artiste.
Ainsi, Feliza vit entre Paris, ville refuge où elle côtoie de nombreux artistes et Bogota,  la ville chère à son coeur.

Une femme passionnante

Entre violences politiques et drames personnels, Feliza continue pourtant à défendre son art. C’est sa manière de résister, de parler de sujets inabordables, de créer du lien avec la révolution cubaine, de vivre en toute liberté  malgré la peur.

aucune liberté n’est exempte de peur.

Son originalité, son franc-parler et ses liens avec Fidel Castro et Cuba en font une cible pour la dictature colombienne. Feliza paie très cher son rêve de liberté. Éprouvée dans son coeur et son corps, elle peut compter sur l’amitié et sur son art. Mais quel prix a-t-elle dû payer pour vivre son rêve.

Je ne connaissais pas Feliza Bursztyn et j’ai découvert une femme courageuse et passionnée. Juan Gabriel Vásquez nous embarque dans son enquête. Bien ancrée dans le contexte historique de la Colombie, le lecteur découvre au fil des pages le destin de cette sculptrice colombienne. Et surtout pourquoi Garcia Marquez pense qu’elle est morte de tristesse.
Superbement bien écrit et construit, ce roman est passionnant.

Je remercie Babelio et les éditions du Seuil pour cette lecture en avant-première dans le cadre d’une opération Masse critique spéciale.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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