Titre : Avant la peine
Auteur : Laure Heinich
Editeur : Flammarion
Nombre de pages : 240
Date de parution : 14 janvier 2026
Un soir de stress
Baptiste et Rebecca ont commencé leur carrière ensemble comme internes aux Urgences. Ils se sont tout de suite reconnus dans leur professionnalisme.
Alors qu’ils viennent une nouvelle fois de sauver une vie, ils se retrouvent exténués dans la salle de garde. Baptiste prend la main de Rebecca, elle le laisse faire. Il va plus loin, lui soulève sa jupe.
Affolée, elle quitte la pièce. Le soir même, elle se confie à sa meilleure amie. Puis, elles se rendent au commissariat pour déposer une plainte pour viol.
Des vies qui basculent
Alors que Baptiste venait d’être promu chef de service au détriment de Rebecca, cette dernière demande au directeur de l’hôpital de licencier Baptiste. Toutefois, la solidarité masculine pousse le directeur à aménager les services afin que les deux médecins ne travaillent plus ensemble.
Sous la pression de sa femme Florence, Baptiste suit une thérapie et prend un avocat. Le médecin, personnage plat toujours adulé par sa mère et sa femme, perd pied face à l’acharnement de la police. Une perquisition va même jusqu’à reprocher des photos de nus dans des livres d’art.
Laure Heinich semble prendre parti pour cet homme bien sous tous rapports. Baptiste maintient qu’il a eu un moment d’égarement face à Florence consentante. Et il affirme qu’elle ment en l’accusant de l’avoir pénétrée. Cet acte fait effectivement toute la différence entre agression sexuelle et viol.
Rebecca, souvent critiquée pour son côté sanguin, se venge-t-elle de n’avoir pas été choisie comme chef de service ?
Le lecteur reste alors perplexe. La vague #metoo irait-elle trop loin ? Comment faire la lumière sur ce qui s’est réellement passé ?
Hôpital et justice en souffrance
Certes, l’auteure amorce un virage en illustrant les conséquences de cette soirée sur la vie de Rebecca. Conduite à risque, retour à la douceur de l’enfance. Aucune peine ne peut rendre à Rebecca sa vie d’avant.
Les doutes émergent face à l’acrimonie et l’égoïsme de Baptiste.
Mais j’ai l’impression que Laure Heinich ne prend, à raison, aucun parti. Par contre, elle met en exergue les manques de moyens des hôpitaux et des tribunaux. Comment soigner et appliquer les peines justes avant que les corps lâchent? Partout, il faut faire du tri.
Il n’y a pas de peines justes. Juste des peines.
Le dénouement m’a quelque peu surprise. La justice peut-elle réellement proposer de tels raccourcis trois ans après les faits ?
