Titre : Ce qui reste
Auteur : Bernhard Schlink
Littérature allemande
Titre original : Das späte leben
Traducteur : Bernard Lortholary
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 208
Date de parution : 5 mars 2026

L’annonce de la mort

Martin Brehm, soixante-seize ans, descend les escaliers d’un immeuble. Il semble dans une autre dimension, ne voit que les portes vertes dans un univers blanc. Pourquoi n’a-t-il pas pris l’ascenseur comme d’habitude ?
Cet immeuble est celui de son médecin. Et ce dernier vient de lui apprendre qu’il avait un cancer du pancréas à un stade avancé. Son espérance de vie est estimé à six mois.
Bernhard Schlink exprime avec beaucoup de sensibilité ce qui peut se passer dans la tête de celui qui apprend sa mort prochaine. Martin ne prend pas conscience immédiatement des choses mais son corps et son esprit flottent dans un autre temporalité.
De retour chez lui, il regarde différemment son fils de six ans. Le soir, il annonce la nouvelle à Ulla, sa femme de trente-cinq sa cadette. Ulla, fille de femmes fortes et abandonnée très jeune par son père, est une jeune artiste, pragmatique et plutôt froide. Toutefois, la nouvelle l’ébranle. Mais très rapidement, elle conseille de laisser à David une vidéo pour lui dire ce qu’il tient à lui laisser. Que pourrait-il transmettre d’utile à David ?

Que reste-t-il de nos morts ?

Qu’il est doux à Martin de s’asseoir dans le fauteuil de son grand-père, de s’installer derrière le bureau de ses aïeux. Avec ces objets récupérés, notre quotidien se nimbe de souvenirs. Personnellement, ma maison en regorge. Et si aucun n’évoque des moments précis de leurs vies, ils sont comme des rappels de l’enfance, de l’endroit d’où je viens. Ces objets précieux pour mes parents et grands-parents méritent de colorer mon présent.

Parce que vivre avec le passé enrichit la vie dans le présent ?

Martin Brehm, professeur d’université passionné de droit et d’histoire, écrit des lettres à David. Religion, injustice de l’amour, place du travail, mort sont les sujets de ces missives que David pourra peut-être comprendre plus tard.
Le vieil homme tente aussi de créer des souvenirs au jeune enfant. Ils partent en randonnée, mettent en place un compost, farfouillent dans les librairies.
Mais est-ce de la vanité de sa part, ce besoin de ne pas être oublié. Qui est-il pour vouloir influencer la vie de son fils ? Mort, plus rien ne dépendra de lui. Et seuls les vivants peuvent encore donner aux vivants.

Une émotion palpable

Bien évidemment, le sujet de ce roman est propice à l’émotion. Mais avec Bernhard Schlink, il n’y a jamais que ça. Ce qui reste est un roman sur la transmission, sujet de prédilection de l’auteur. Mais c’est aussi un récit sur ce que peut ressentir un être humain quand on lui annonce sa mort prochaine. Et ce que ressent Martin est tellement palpable. L’auteur passe tant d’émotions dans le regard de ce vieil homme porté sur l’endormissement de son fils.
Les bons moments provoqués alternent avec le doute, le questionnement et l’inquiétude pour l’avenir des deux êtres qu’il aime le plus au monde.
Lors de ces dernières semaines de vie, on pourrait s’attendre à la rage, la peur, la douleur, l’effondrement, la jalousie. Mais il y a surtout énormément d’empathie entre tous les personnages.

C’est pourquoi l’amour que tu portes à l’autre peut te changer.

Bien moins marquant que son dernier roman, La petite fille, Ce qui reste est une nouvelle illustration de l’importance de la transmission. Bien évidemment, on ne peut pas diriger la vie future de ses enfants ou petits-enfants. Mais transmettre les valeurs qui nous portent, non de manière autoritaire mais par le biais du partage, est essentiel pour aider les futures générations à faire les bons choix.

Auteur

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