Tire : Toutes les vies
Auteur : Rebeka Warrior
Editeur : Stock
Nombre de pages : 288
Date de parution : 20 août 2025
Un intrus dans le couple
Ce premier roman de la musicienne Rebeka Warrior , chanteuse dans les groupes Sexy Sushi, Mansfield. TYA et Kompromat, est une fiction autobiographique.
Rebeka a trente et un ans quand elle rencontre Pauline, vingt-huit ans, dans un bar de Nantes. Elle vivent désormais ensemble depuis cinq ou six ans.
En 2015, lors d’un voyage au Mexique, Pauline constate une grosseur au sein gauche. Cela peut bien attendre son retour en France. Mais quand elle attrape le chikungunya, elle doit se faire rapatrier. Le cancer du sein est confirmé et les traitements invasifs commencent.
Quand tu es malade, tu veux bien faire, tu fais tout ce qu’on te dit pour guérir.
Et vite tu te retrouves la tête dans un tunnel de soins et d’administratif qui t’aspire tout entière.
Entre chimiothérapies, rémission, rechute, le couple est mis à rude épreuve. La narratrice, avec une grande sincérité, évoque son amour, son rôle d’aidant mais aussi son dégoût, sa désertion passagère, son adultère.
La maladie puis le deuil
Ce roman se compose de deux parties. La première est le combat d’un couple face à la maladie. La seconde partie traite des étapes du deuil et de la reconstruction. Personnellement, j’ai beaucoup moins été sensible à ce second récit.
Rebeka se lance dans des thérapies plus ou moins étranges.
La foi donne sens à la vie même si elle n’enlève pas la peine.
Méditation « de pleine conscience » mais aussi chamanisme, séances de zazen ( méditation du bouddhisme) et de kinhin ( marche) , stage de QI Gong, Rebeka se lance à fond dans le bouddhisme.
La littérature en fil rouge
Rebeka remplit des carnets depuis l’âge de sept ans. Elle aime écrire et lire. D’ailleurs , ici, les romans l’aident à traverser cette épreuve. Ainsi chaque chapitre porte le nom d’une œuvre littéraire inspirante. On y trouve surtout des romans sur la maladie, le couple et le deuil. Comme le livre d’Hervé Guibert sur son ami sidaïque, La cérémonie des adieux de Simone de Beauvoir ou Vivre vite de Brigitte Giraud. Mais aussi des œuvres de Rousseau, Thomas Mann, André Gide, Tchekov ou des livres en référence à la méditation.
Je ne connaissais pas la musicienne, mais je découvre ici une autrice sensible, capable de transmettre avec justesse sa passion pour une femme, son engagement d’aidante, et sa volonté de reconstruire sa vie.
Un premier roman réussi, sur un sujet délicat, dans lequel transparaissent l’habitude d’écrire des textes à la fois poétiques et percutants, ainsi qu’une belle inspiration littéraire nourrie par la lecture.

Commentaires
Les étapes du deuil et de la reconstruction : c’est un parcours tellement personnel. Dans les romans qui traitent de ce sujet, je ne m’y retrouve jamais.
Tu as raison, c’est très personnel