Titre : Hot milk
Auteur : Deborah Levy
Littérature anglaise
Titre original : Hot milk
Traducteur : Céline Leroy
Editeur : Sous-Sol
Nombre de pages : 320
Date de parution : 10 mai 2024
Une clinique en Espagne
Sofia Papaslergiadis accompagne sa mère dans le sud de l’Espagne. Rose a hypothéqué sa maison en Angleterre pour suivre un traitement dans une clinique privée dirigée par le très controversé docteur Gomez. Le mot n’est presque jamais prononcé, mais tout le monde le pense : Rose est hypocondriaque. Elle avale des dizaines de pilules chaque jour et se plaint principalement de douleurs aux jambes. Par moments, elle ne peut plus marcher. Sofia lui sert alors de béquille.
Lorsque Sofia avait cinq ans, son père, un Grec fervent, a quitté le foyer pour se consacrer à la religion. Il s’est remarié peu après avec une femme à peine plus âgée que sa fille. Aujourd’hui, il est à nouveau père.
Sofia étudiait l’anthropologie. Elle travaillait sur une thèse consacrée à la mémoire culturelle, mais elle l’a abandonnée pour prendre un poste de serveuse dans un coffee shop londonien. Que fait-elle de sa vie, désormais ? Elle est devenue l’ombre de sa mère, l’esclave dévouée d’un mal peut-être imaginaire.
Vous utilisez votre mère comme un bouclier pour vous protéger de votre vie.
L’été de tous les dangers
Sofia et Rose logent dans un petit appartement proche de la plage. C’est un lieu peu reposant entre les aboiements du chien et la mer infestée de méduses. En nageant, Sofia est régulièrement piquée par ces envahisseurs. C’est l’occasion de se laisser soigner par Juan, l’étudiant infirmier de la plage.
Si Sofia se pose des questions sur son avenir, elle se perd aussi dans ses désirs. Elle tombe à la fois dans les bras de Juan et d’Ingrid, une jeune femme belle, attachante et perdue qui brode sur des vêtements Vintage.
Je suis intriguée par ces hommes qui adulent sa beauté autant que moi, la servent, ces accrocs et ces déchirures qu’elle aime repriser avec son aiguille comme si elle pratiquait un genre de chirurgie sur elle-même.
Le danger est aussi sur la route quand Sofia roule sans permis sur les routes espagnoles.
Et que dire de sa visite à Athènes où son père lui confirme qu’il n’a aucun intérêt à s’occuper de son ancienne famille.
Se remettre à marcher
Et pourtant, elle doit s’en sortir. Reprendre des études aux Etats-Unis et finir sa thèse. Le docteur Gomez et sa fille font bien quelques tentatives pour libérer Sofia. Mais ce n’est qu’au pied du mur qu’elle mettra sa mère au défi.
Une petite victoire dans l’absolu mais un grand pas pour cette relation toxique entre mère et fille.
Mon amour pour ma mère est une hache. Il blesse gravement.
Cette fiction a été écrite en 2016, bien avant la trilogie autobiographique de Deborah Levy. Mais on y retrouve déjà l’aptitude de l’auteur à mêler des scènes de vie plus ou moins étranges avec les errances de son personnage principal. Ainsi, doucement, avec sensualité et fantaisie, le personnage principal progresse mentalement vers la connaissance de soi.

Commentaires
J’adore Deborah Levi ! Sur le coup j’avais trouvé ce roman moyen, mais avec du recul je m’aperçois que je l’ai beaucoup aimé. Une fantaisie très subtile…
Écrit plus tôt, elle n’était peut-être pas encore au top.
Fantaisie subtile, c’est un bonne description.
Les meilleurs romans sont ceux qui nous laissent une bonne impression dans le temps.
Un roman introspectif ? Je ne suis pas tentée.
Pas si instrospectif. Un roman assez complet.