Titre : L’eau des miroirs
Auteur : Christian Bobin
Editeur : Gallimard
Nombre de pages :
Date de parution :
De la poésie à chaque ligne
Comment parler de ce livre ? Je me sens presque illégitime à tenter de poser des mots sur une telle lecture. L’eau des miroirs est l’un des premiers textes de Christian Bobin, et déjà s’y déploie cette poésie si particulière, presque à l’état brut. Si l’auteur a toujours travaillé la langue avec finesse, ici la lumière semble jaillir sans filtre, comme une source vive. Et pourtant, derrière cette élégie, une histoire se révèle, fragile et déchirante.
Passion fatale
Christian Bobin adopte la voix d’une femme qui vient de s’ouvrir les veines. Alors que son sang coule, elle convoque les éclats brûlants de sa mémoire. Avec un lyrisme poignant, elle raconte son amour dévorant pour un écrivain insaisissable : un homme qui ne vit que dans les chambres d’hôtel, refuse toute attache, ne possède rien sinon son désir de liberté.
Amoureuse, elle se laisse happer par ses jeux, ses caprices, ses fulgurances. À ses côtés, elle apprend l’émerveillement, devient plus vibrante, plus vulnérable. Mais elle souffre aussi de ses disparitions répétées, de ce vide qu’il laisse derrière lui. Comment survivre à un désir si vaste ? Comment continuer à vivre quand s’éteint la rêverie qu’il faisait naître, quand disparaît le frémissement de sa présence ?
Un texte incandescent
Chaque phrase emporte, chaque image illumine. C’est une histoire tragique, certes, mais traversée d’une beauté presque irréelle. Un texte qui laisse une empreinte, délicate et douloureuse, comme un éclat de vie et d’amour avant la chute.

Commentaires
Un auteur que je n’ai pas lu depuis longtemps.
Il y a plein de belles choses à lire dans son oeuvre. Sa disparition m’a beaucoup touchée