Titre : La nuit des juges
Auteur : Hubert Haddad
Editeur : Zulma
Nombre de pages : 240
Date de parution : 12 mars 2026

 

L’art de la nouvelle

La nuit des juges est un recueil de quatorze nouvelles. La plus longue donne son titre au recueil. Certaines ne font que quelques pages. Et la dernière nouvelle traite du parallèle entre l’art de la nouvelle et du saut à la perche.
Aucun doute possible, l’auteur maîtrise l’art de la nouvelle.

On commence par poser un mystère. On l’amplifie pour le faire durer. On parvient au point ultime d’énigme. Il est temps de trouver l’issue. Il s’agit en fait de prendre son élan avec élégance, d’atteindre la vitesse d’arrachement d’une foulée mesurée, puis de franchir le plus haut possible la barre du mystère, sans jamais effleurer cell-ci, dans un geste d’écriture en boucle laissant hors d’haleine le lecteur, et enfin de conclure cet épisode dynamique en chute déliée, presque affranchie, tandis que la perche ou la plume glisse au sol à l’insu du lecteur.

L’ensemble du recueil évolue dans une ambiance énigmatique. L’unité se fait aussi en retrouvant certains personnages secondaires d’une nouvelle en personnage principal d’une autre.

L’univers du recueil

Hubert Haddad a un univers bien marqué. La richesse de son langage, son style poétique, son habitude de jongler entre réel et fantastique, sa façon de jouer avec les ombres, de s’appuyer sur son amour pours les arts,  sa connexion avec la beauté de la nature en font un auteur complet et atypique.
Certes, ce n’est pas un auteur facile à lire. Surtout dans le genre de la nouvelle.
Mais on ressort toujours grandi d’une lecture de cet auteur.

Profondément humain, il met ici en évidence, de manière parfois ironique, les clivages de classe ( Une nuit à Sohelo) et les dérives contemporaines.

L’argent a bien l’odeur des charniers.

La nuit des juges se passe dans une grande propriété de Sologne. Charles Dupont-Malloré a invité tout le gratin bourgeois à une partie de chasse. Bloqués par un violent orage, les convives jouent à faire le procès de leur hôte. C’est une scénographie mondaine et barbare qui met en évidence la violence du milieu.
Plusieurs nouvelles se placent dans le futur. At home nowhere imagine les conséquences de l’explosion d’un réacteur nucléaire en bord de Loire.
Bornages et frontières nous parle d’un monde futur où les livres sont prohibés et les intellectuels emprisonnés. Ampheandra nous parle de pouvoirs autoritaires.

Autour du mystère de l’amour et de la mort, porté par la beauté de la nature, d’un livre ou d’un tableau, ce recueil de nouvelles nous rappelle ce qu’il nous faut protéger.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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