Titre : La petite barbare
Auteur : Astrid Manfredi
Éditeur : Belfond
Nombre de pages : 162
Date de parution : août 2015
Auteur :
Astrid Manfredi a créé le blog de chroniques littéraires Laisse parler les filles. Elle intervient ponctuellement pour le Huffington Post, toujours autour de la littérature. La Petite Barbare est son premier roman.
Présentation de l’éditeur :
« Moi, monsieur, je suis pleine du bruit assourdissant de vivre. »
En détention on l’appelle la Petite Barbare ; elle a vingt ans et a grandi dans l’abattoir bétonné de la banlieue. L’irréparable, elle l’a commis en détournant les yeux. Elle est belle, elle aime les talons aiguilles et les robes qui brillent, les shots de vodka et les livres pour échapper à l’ennui. Avant, les hommes tombaient comme des mouches et elle avait de l’argent facile.
En prison, elle écrit le parcours d’exclusion et sa rage de survivre. En jetant à la face du monde le récit d’un chaos intérieur et social, elle tente un pas de côté. Comment s’émanciper de la violence sans horizon qui a fait d’elle un monstre ? Comment rêver d’autres rencontres et s’inventer un avenir ?
La Barbare est un bâton de dynamite rentré dans la peau d’une société du néant. Un roman brut et stupéfiant.
Mon avis :
En commençant ce récit, j’ai adhéré de suite au ton de cette petite barbare. Une gagnante que l’on ne peut faire taire, une haine qui éclate à chaque phrase, » une déferlante de haine en apnée« . L’auteur traduit une urgence, une violence emmagasinée par cette jeune fille née dans une zone urbaine, au milieu des tours dans une famille qui a depuis longtemps baissé les bras. Très vite, elle comprend que son seul atout est la beauté héritée de sa mère. Mais elle, elle saura s’en servir.
» Sur ces trottoirs qui nous bannissent ma haine éclôt comme une fleur sauvage, écarlate et douce. »
Attirée très jeune par la lecture, son chemin bifurque vers une bande de jeunes drogués violents. Une soirée qui tourne mal et elle se retrouve en prison où elle écrit sa colère.
Une colère brute compréhensible pour cette enfant née au mauvais endroit. » Des gens qu’on parque sans une thune dans des endroits sans un arbre, il ne peut pas leur pousser des ailes. »
Toutefois, l’auteur ne joue pas la carte des circonstances atténuantes et enferme son personnage dans une spirale du vice. Aucune reconnaissance pour une société qui aide à sa réinsertion, aucune « empathie pour la famille du bourge » qu’elle a laissé mourir, mais un amour intact pour Ezra le meurtrier et une moquerie envers ces humbles travailleurs qui se fatiguent pour gagner leur vie.
Mais dans ce cas, pourquoi lui prêter des réflexions poétiques, des semblants de culture littéraire. Ce mélange de vulgarité et de poésie m’a semblé créer une incohérence sur le personnage.
Le doute m’envahit sur la finalité du roman.
Puis quelques expressions m’ont fait hausser les sourcils » ma vie stagne comme un jaune d’œuf trop cuit« . Le doute se renforce. Ne joue-t-on pas sur les effets?
C’est peut-être en cela que réside la performance de l’auteur, créer un être détestable, incapable de reconnaissance et de regret. Dans ce cas, le pari est réussi et j’ai profondément détesté ce personnage.



Commentaires
Décidément tous les avis que je lis sur ce livre me font bien comprendre que ce n’est pas du tout pour moi.
J’avais cru comprendre qu’il avait de bons échos sur le groupe Projet (sauf peut-être de lecteurs plus proches de mes choix de lecture)
Je ne suis toujours pas tentée par ce livre.
Je m’étonne que ce roman plaise autant côté presse et côté groupe Projet. Mais c’est un avis personnel
Ce que tu en dis me fait penser à l’auteure elle-même, je ne sais pas si tu l’as vue lors de son passage à La Grande Librairie jeudi dernier. Elle dégage (selon moi) de la vulgarité dans ses attitudes et son élocution un peu pétasse alors que ses propos sont très intéressants et bien tournés. Pour autant son intervention et ce que je lis de ce livre ici ou là ne me donnent pas envie de le lire pour l’instant.
J’ai aussi regardé La Grande Librairie jeudi et l’auteur ne m’a pas convaincue (discours, regards…). Tu y vas un peu fort dans tes qualificatifs et je n’aurais pas osé utilisé ce mot mais te connaissant, je sais qu’il n’a rien d’une insulte.
Pareil, j’ai regardé LGL et je n’ai pas été convaincue du tout par l’intervention de l’auteur…que ce soit dans ses propos ou dans son attitude d’ailleurs…Je suis d’accord avec Natiora sur le terme de vulgarité (sa voix surtout), j’ajouterais aussi un manque d’humilité.
Bref, je n’avais pas envie de lire son roman avant l’émission, et encore moins après.
Comme le dit Zazy, il y a peut-être un manque d’expérience. En tout cas, il semble que cette prestation ait déplu à plusieurs lecteurs.
Pour parler de sa prestation télévisée, ne le jugeons pas trop vite. Pas facile d’être sur le devant de la scène une première fois. Ce qu’elle disait de son livre ne m’a pas convaincue et je laisse ce livre de côté
Elle n’était vraisemblablement pas très à l’aise.
J’hésite à le lire. Un « je ne sais quoi » me retient pour le moment.
C’est l’instinct, ce « je ne sais quoi ».
J’ai bien envie de faire la connaissance de cette petite barbare…
Pas certaine que ce soit une bonne fréquentation…mais ce n’est qu’un roman. J’espère que tu aimeras cette lecture.
Pour moi le tour de force c’est que justement, malgré ce qu’elle a fait, je ne l’ai pas détestée !
Tu es très tolérante…Elle n’a aucun regret, elle se moque des honnêtes gens qui travaillent pour une misère, elle crache sur l’aide qu’on lui offre ( appartement trop petit, aide insuffisante…), elle n’a aucune compassion.
Et elle se monte la tête avec des ambitions littéraires qui sonnent faux à mon sens.
Ok elle est capable de respecter un psychologue qui ne la juge pas. C’est le seul point positif que j’ai perçu.
Je n’ai pas d’atomes crochus avec ce type de personnage. Mais, ce n’est qu’un personnage…
Tu n’es pas la première à avoir détesté ce personnage. C’était un titre que j’avais repéré mais finalement, je ne pense pas tenter. Je n’aime pas détester un héros.
Moi non plus. Sauf quand l’ensemble me paraît cohérent. Là, je n’ai pas eu cette impression.
Je l’avais inscris sur ma liste des romans de la rentrée littéraire à lire. Ton avis refroidit un peu.
Si tu avais envie de le lire, suis ton instinct. Certains l’ont aimé
L’écriture est plutôt bonne pour un premier roman. Après, je n’ai rien trouvé de nouveau dans ce roman, le sujet a déjà été abordé (et bien mieux) par d’autres.
Oui bonne écriture même si j’avais l’impression de sentir de temps la volonté d’en faire trop.