Titre : Sauf la frontière
Auteur : Elisa Shua Dusapin
Editeur : Zoé
Nombre de pages : 240
Date de parution : août 2026

 

Un évènement traumatique

Elisa Shua Dusapin était au festival international de littérature à Beyrouth en octobre 2023. Pannes d’électricité, rationnement d’eau, elle vit dans la crainte de devoir fuir précipitamment.
Au lendemain du 7 octobre, elle appelle sa mère. Elle sera rapatriée en Suisse le 11 octobre 2023. Mais elle  garde au fond d’elle un choc traumatique.

L’actualité au Proche-Orient m’obsède autant que me frustre le traitement médiatique, dont je vois bien le côté fragmentaire.

Malgré cela, elle a besoin de retourner au Liban. Comme ce n’est pas encore possible, elle obtient une bourse pour des recherches littéraires en Jordanie. Nous la retrouvons donc à Amman en août 2024.

 

Une quête de voix

Ses grands-parents coréens ont quitté Séoul dans les années 70 pour ouvrir un orphelinat coréen en Suisse. Ils ont toujours refuser d’aller à la frontière avec la Corée du Nord. Les frontières et les zones de guerre font partie des obsessions de l’auteure.
A Amman, elle participe à un groupe de paroles. Elle prend des cours d’arabe avec une jeune jordano-palestinienne. Elle se rapproche aussi d’un groupe de femmes qui apprennent la plomberie.
Toutes ces rencontres sont des occasions, pour nous lecteurs, de ressentir les peurs, les blessures d’égyptiens, de kurdes, de syriens, de femmes.

C’est une sensation physique, le besoin de recueillir des voix, des expressions de visage, des sensations.

Mais si Elisa cherche la vérité, la parole des uns et des autres, elle ne perd pas son objectif de retourner en Israël, en Cisjordanie où elle découvre les différentes zones suivant le contrôle militaire israélien. Elle a besoin  de franchir les frontières.

Je dois franchir les frontières. C’est un défi. Peut-être une insolence. Chercher à comprendre. Aller chercher. Vérifier que je suis libre. Je n’ai pas besoin d’autre raison. Je suis ivre de frontière et de liberté.

Ce sont les voix d’Ali, chauffeur de taxi palestinien, de Salim à Ramallah, d’Omar et de sa famille à Naplouse.
Elle n’omet pas non plus de citer l’horreur touristique de Sdérot, ville la plus proche de la bande de Gaza. Là, on peut louer des jumelles et depuis un promontoire transformé en mémorial, voir l’horreur dans la bande de Gaza. Un couple s’y fait même prendre en photo devant les nuages de poussière des bombes.

Un roman autobiographique poignant et sincère

Rapatriée en Suisse après les attentats du Hamas du 7 octobre, Elisa Shua Dusapin voit sa vie ébranlée. Elle ne se satisfait pas de l’information transmise par les médias occidentaux. Elle veut comprendre. Alors, elle avance, questionne, s’intéresse aux autres.
Elle brave les dangers, parfois inconsciente mais toujours attentive aux lieux, aux personnes. Sa fragilité, sa sensibilité illuminent des zones de guerre. Elle en fait ressortir toute l’humanité de ceux qu’elle rencontre.

C’est un roman intime et universel, un sujet grave traité avec rigueur et humilité.

 

Auteur/autrice

contact@surlaroutedejostein.fr

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