Titre : Fanny à la folie
Auteur : Emilie de Turckheim
Editeur : JC Lattès
Nombre de pages : 288
Date de parution : 19 août 2026
La rue Dante
Fanny, quatre-vingt-deux ans, vit seule dans son appartement de la rue Dante. Ce lieu avec son escalier en colimaçon menant au bureau de son mari, représente toute sa vie.
Mais aujourd’hui, sa fille Thérèse, sous l’impulsion de son mari Peter qui a des soucis financiers, souhaite reprendre l’appartement. Et mettre sa mère en maison de retraite.
Dis seulement à Peter que quitter la rue Dante est un coup de couteau. Un cadeau que je vous fais et un coup de couteau.
En faisant le tri de ses affaires, la vieille dame convoque ses souvenirs. Entre passé et présent, le récit de cet femme au caractère piquant se perd dans des sentiments troubles et exacerbés.
Le drame de sa jeunesse
Très tôt, Fanny a envoyé sa fille en thérapie. D’ailleurs Thérèse consulte encore sa psy, Florence pour évoquer son lien difficile avec sa mère.
Fanny est une femme de caractère, hantée par un secret de jeunesse. Adolescente, Fanny passait ses vacances dans la maison de sa grand-mère. Elle lie une relation d’amitié fusionnelle avec Maud. Les deux femmes sont passionnées par la vie de Thérèse d’Avila. Et à part la couverture du livre qui met en évidence le talent de dessinatrice de Maud, je n’en ai pas vu l’incidence.
Les deux femmes accoucheront la même nuit. Fanny nourrit à la fois sa fille Thérèse et Victoire, la fille de Maud. Maud prend une place particulière dans le coeur de Fanny et de Pierre. Aussi, lorsque Maud part aux États-Unis en emmenant Victoire, Fanny déprime.
Des bribes de ressentiment
On pourrait avoir de l’empathie pour cette vieille dame contrainte de quitter son lieu de vie pour une maison de retraite. Poussée dehors par un gendre qu’elle a toujours détesté. Peter est d’ailleurs un personnage assez abject.
Mais je n’ai ressenti aucune compassion pour cette femme qui a fait payer son drame de jeunesse à son entourage.
Fanny contrôle le récit et ses confessions restent assez nébuleuses. Elle n’ouvre jamais vraiment son coeur ni ne confie réellement le lien qui l’unit à Victoire.
J’ai découvert Emilie de Turckheim avec Popcorn Melody en 2015. Ses romans sont faits de poésie et de folie. Elle aborde souvent des sujets originaux avec des personnages attachants.
Pourtant, ici, Fanny, vieille dame contrainte de quitter sa maison, n’a pas su me toucher.

Commentaires
Ah zut…
J’avais envie de le lire celui-ci, je pensais qu’il serait plus gai que le reste de la rentrée littéraire, ce qui ne semble pas être le cas !