Titre : Humus
Auteur : Gaspard Koenig
Editeur : L’Observatoire
Nombre de pages : 384
Date de parution : 23 août 2023

 

Deux étudiants d’Agro Paris Tech

Arthur et Kevin sont deux étudiants d’Agro Paris Tech, école installée sur le plateau de Saclay. Lors d’une conférence de Marcel Combe, ils se découvrent une passion commune pour la sauvegarde des vers de terre . Ils en feront leur projet d’avenir, chacun sur un terrain différent.
Arthur est le fils unique d’un grand avocat. Littéraire, en manque d’assurance, il est fasciné par la beauté et l’aisance de Kevin, un jeune homme bisexuel qui se dit « universel ».
Kevin est le fils d’ouvriers agricoles du Limousin. Il a intégré la prestigieuse école d’ingénieurs par une filière pro.
Curieusement, Arthur fait le choix de retourner à la terre avec son amie Anne, une idéaliste se rêvant écrivaine. Ils s’installent à la ferme des Bois en Basse Normandie sur ce qu’il reste de l’exploitation de son grand-père. Leur projet est d’assainir les hectares restants pollués par les pesticides du voisin, d’y régénérer la terre grâce aux vers de terre.
Kevin, avec l’aide de Philippine, une fille riche et arriviste, se lance dans l’industrie. Après l’idée d’un vermi-composteur individuel, ils essaient de mettre en place le procédé au niveau industriel.

Satire du monde économique et agricole

En suivant deux trajectoires vertueuses mais compliquées, nous assistons au constat un peu caricatural et facile du monde agricole et du monde de l’entreprise.
D’un côté, il y a un monde paysan écrasé par les procédures, contraint de polluer pour surproduire. Les villageois survivent chichement dans un lieu déserté sauf par les contrôleurs administratifs.
De l’autre le monde de l’entreprise, hypocrite, gangréné par les politiques et les financiers. Là, le profit passe avant toute vertu.

Ils ne traitaient pas les déchets. Ils étaient devenus eux-mêmes les déchets. Les déchets non recyclables de la machine à produire.

Comment maintenir l’ambition créative de jeunes entrepreneurs ? Comment faire de l’écologie face aux pressions politiques et financières ?

Nous détournons les terres et les coeurs.

Un constat pessimiste

Centrer un roman sur les vers de terre est un pari ambitieux. C’est pourtant bien ce sujet écologique qui m’a le plus intéressée. Et je rends hommage à Hubert Reeves avec cette citation lue au début du roman.

Ce n’est pas un hasard si l’astrophysicien Hubert Reeves explique que la disparition du ver de terre est au moins aussi préoccupante que la fonte des glaciers.

Par contre, ce sujet se perd dans les parcours un peu caricaturaux des personnages. Philosophe et politique, Gaspard Koenig mêle constats socio-politiques et histoires romanesques de deux jeunes idéalistes confrontés au monde réel. Les comportements sont poussés à l’extrême dans cette satire qui finit dans une vision apocalyptique un peu extravagante.
Le roman me semble finalement une vision assez schématique de la destruction des idéaux face au pouvoir de l’argent. Retenons finalement que l’espoir réside dans le respect humain et la force de l’amitié.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

16 octobre 2023 à 14 h 32 min

Merci pour cette chronique intéressante sur un livre qui m’a interpellée, surtout en entendant l’auteur en parler à La Grande Librairie !
Les vers de terre, les abeilles… Autant de petites bêtes que nous ferions bien de préserver et de laisser en paix !



je lis je blogue
16 octobre 2023 à 14 h 51 min

Ce roman était un véritable coup de cœur pour moi. Gaspard Koenig parvient à rendre les vers de terre passionnants et les personnages sont attachants. Il y a beaucoup d’humour aussi dans ce roman, quitte à en rajouter un peu parfois.



17 octobre 2023 à 13 h 31 min

Tu l’as trouvé schématique ? Je l’ai réservé à ma BM, où il est victime de son succès.



    17 octobre 2023 à 17 h 34 min

    Un peu caricatural. Le gosse de riche qui met les mains dans la terre, le fils de paysan qui devient riche. Pourquoi pas. Aussi la caricature du monde paysan et l’hypocrisie vertueuse de L’Oréal. C’est vrai mais les ambiances d’un côté comme de l’autre sont manichéennes. Tout ça aurait pu passer mais la fin apocalyptique m’a finalement perdue. Dommage, j’ai adoré l’histoire du ver de terre 🤣



17 octobre 2023 à 14 h 28 min

De mon côté, ça a été un coup de coeur et je ne partage pas tes réserves 🙂 .



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