Titre : La maison des solitudes
Auteur : Constance Rivière 
Editeur : Stock
Nombre de pages : 234
Date de parution : 25 août 2021

 

Angoisse et silence

Si nous sommes en pleine épidémie de COVID, ce ne sont pas les masques qui brident la parole. Elisabeth accourt au chevet de sa grand-mère plongée dans le coma, sous assistance respiratoire. Les visites sont interdites. La jeune femme campera dans le couloir de d’hôpital. En attendant de pouvoir tenir la main de sa grand-mère, elle se souvient.

Une famille brisée par le silence

Chaque été, depuis l’âge de sept ans, Elisabeth passe toutes ses vacances chez ses grands-parents, dans une vieille maison familiale de la Sarthe. Ses grands-parents ont longtemps parcouru le monde, laissant leur propre fille, Anne, aux bons soins d’une nourrice.
Anne ne parle plus à sa mère depuis qu’elle a enfreint la règle de la maison «  ne pas poser de questions et ne pas monter au grenier. » Car, dans ce grenier, elle a vu quelque chose qui l’a plongée dans le silence. Comédienne, elle ne parle plus que sur une scène, pour dire les mots des autres.
Le récit a la couleur des contes de Barbe Bleue et la tragédie d’Antigone. Qu’y a-t-il dans ce grenier, derrière la porte jaune? Pourquoi les grands-parents ont-ils fui leur fille en explorant le monde?

Un parcours vers la vérité

Caroline Rivière progresse par chapitre du couloir à la chambre, de la chambre au lit jusqu’à la lettre qui délivrera du mal. J’ai beaucoup aimé ce parallèle entre le parcours au sein de l’hôpital et celui au sein de cette maison des grands-parents. Le style évolue lui aussi. Du style chaotique qui guide les pensées d’Elisabeth en proie à l’angoisse, la fatigue, l’auteur finit avec beaucoup d’émotion lorsque la mère puis la grand-mère expriment leurs vérités.

Il faut le silence pour que naisse la beauté des notes de musique ou de la voix.

D’une histoire de secret de famille souvent lue, l’auteur parvient à capter l’intérêt puis l’émotion. Si les personnages sont des adultes, le monde de l’enfance est très présent avec les références aux contes et surtout avec cet amour palpable d’une fille pour sa grand-mère.
L’auteur évoque aussi avec beaucoup de sentiment cette période où les familles ne pouvaient accompagner leurs proches à l’hôpital à cause de la crise sanitaire.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

15 octobre 2021 à 12 h 45 min

Les secrets de famille, si souvent la base de livres, je vais attendre pour lire ce livre, un petit ras-le-bol de cette alchimie



19 octobre 2021 à 11 h 48 min

Une période pas si lointaine, alors.



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