Titre : L’oreille absolue
Auteur : Agnès Desarthe
Editeur : L’Olivier
Nombre de pages : 144
Date de parution : 22 août 2025

 

L’harmonie d’un petit village

C’est lors d’un conseil municipal de décembre que nous entrons dans la vie des habitants d’un petit village. Tout le monde se connaît. Mais chacun ne sait que ce que l’autre laisse connaître.
Beaucoup de blessures du passé restent secrètes. Qui sait pourquoi le joueur d’euphonium a les yeux si tristes ou ce qui mine Madeline ?
Ils se retrouvent pour le concert de l’Harmonie Municipale, pour un moment hors des soucis du quotidien. La musique réunit et abolit les différences.

Il disait aux musiciens : « Faites-le pour moi » et il leur disait : « Faites-le pour vous. Faites-le pour la beauté, en réparation des soirées aigres et des matins gris, pour contrer la marée des souvenirs d’une enfance malheureuse ou la nostalgie d’une enfance lumineuse, faites-le pour oublier les douleurs, les deuils, les déceptions et les attentes.

Accords et silences

Effectivement, les drames rythment la vie du village. Accidents ou maladies, l’hôpital aurait pu être leur lieu commun. Mais l’auteur refuse la mort. Elle préfère l’harmonie musicale.
Entre les accords du concert de Noël, elle creuse les silences. Chaque chapitre lève le voile sur un personnage. Et l’on retrouve les thèmes chers à l’auteur. Douleurs des mères, rupture des couples, rebellion des enfants ou des adolescents.
De plus, le coda de cette pièce musicale est particulièrement réussi. En revenant trente ans plus tard, Sonya, qui a toujours souffert de l’indifférence des autres, tient peut-être la clef des liens qui unissent les musiciens de l’Harmonie Municipale.

Une étrange ritournelle

En 2010, j’avais lu un roman de l’auteur, Dans la nuit brune. Je lui avais reproché de la dispersion et de la superficialité.
On retrouve ici la dispersion avec le grand nombre de personnages.
Mais cette fois, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture, le rythme et la construction.
Agnès Desarthe a un style qui va à l’essentiel. Avec mélancolie et détachement, elle évoque les états d’âme de ses personnages et creuse parfois un pan de leur passé.
La musique prend une grande place dans ses romans. Et elle semble donner un rythme et un lien à son récit.
Mais c’est surtout la construction qui donne de la musicalité et de l’originalité à ce court roman. A partir du troisième chapitre, on retrouve le même paragraphe en ouverture. Un refrain qui rythme cette ritournelle mélancolique.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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