Titre : Comme l’oranger amer
Auteur : Milena Palminteri
Littérature italienne
Titre original : Come l’arancio amaro
Traducteur : Delphine Gachet
Editeur : Harper et Collins
Nombre de pages : 528
Date de parution : 20 août 2025

 

Une quête d’identité

Dans les années 1960, Carlotta, directrice des affaires notariales à Agrigente, découvre un document troublant qui remet en question ses origines biologiques. Élevée par l’avocat Peppino Calascibetta, elle a toujours cru être la fille du baron Carlo, décédé le jour de sa naissance, et de Nardina Aricò. Mais le document laisse entendre que sa mère, avec la complicité de sa grand-mère maternelle, aurait orchestré une machination contre son père.

L’auteur nous plonge alors dans la Sicile des années 1920, alternant entre les révélations du passé et l’enquête que mène Carlotta pour faire la lumière sur son histoire.

Des femmes puissantes et des filles contraintes

Le baron Rosario et sa sœur Rosetta, tous deux veufs, incarnent les dernières lueurs d’une noblesse respectée à Sarraca. Le fils du baron, Stefano, récemment diplômé, se révèle être un jeune homme frivole et incompétent. Il poursuit de ses avances insistantes la jeune Sabedda, fille du métayer de son père.

Nardina, quant à elle, est la fille de Gna Bastiana, une femme proche de donna Rosetta. Brillante et déterminée, Nardina rêve d’étudier. Mais sa mère, avide de noblesse, projette de la marier à Carlo, le fils de Rosetta. Ainsi, Nardina n’a pas son mot à dire : son destin est tracé.

C’est dans ce contexte que Sabedda et Nardina se retrouvent liées par un arrangement aussi machiavélique qu’inattendu.

Une œuvre romanesque

Dans la Sicile des années 1920, minée par le fascisme et gangrenée par la mafia, la noblesse vacille. Les femmes, elles, sont trop souvent sacrifiées sur l’autel des alliances familiales et des intérêts fonciers. Il faudra du temps — et beaucoup de courage — pour que Sabedda parvienne à faire entendre la vérité.

Ma petite Carlotta, ma fille, l’amour d’un homme ne doit jamais être plus important que toi-même. Bouche-toi les oreilles si des cloches sonnent dans ton cœur mais que ton nez sent l’odeur de la chair brûlée. Cette chair est la tienne. Je vais juste te dire ceci et je te le dis pour que tu t’en souviennes toujours : il n’y a pas de sentiment sans respect et si la peur te fait devenir obéissante comme une brebis, tu perds jusqu’à ta dignité. Aïe du courage tout au long de ta vie.

Les grandes sagas familiales italiennes ont souvent pour toile de fond la beauté brute et envoûtante des paysages. De plus, ils sont empreints de passions dévorantes, de complots, de patriarcat et de l’emprise d’une noblesse déclinante, corrompue par les liens mafieux. Ce roman n’échappe pas à la règle. Et les amateurs du genre y trouveront tous les ingrédients qui animent ces fresques intenses et tourmentées.

Pour ma part, j’ai trouvé l’ensemble trop romanesque. Les apparitions ponctuelles de Carlotta peinent à s’insérer de manière fluide dans un récit au ton résolument mélodramatique, ce qui affaiblit la tension narrative.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

29 septembre 2025 à 12 h 05 min

Dommage, cette saga sicilienne était tentante.



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