Titre : Comme ta mère
Auteur : Pieterke Mol
Littérature belge
Editeur : Noir sur Blanc
Nombre de pages : 272
Date de parution : 5 mars 2026
L’amour maternel
Entouré de l’amour de ses parents, un enfant grandit sereinement et devient un être accompli. Ce n’est pas le cas de Guus ni d’Anne, les parents de Debbie, personnage principal de ce roman.
Anouk n’est pas mariée quand elle annonce à sa mère qu’elle est enceinte. Mise à la porte du domicile familial, elle rejoint la famille de Pieter, son petit ami. Elle a essayé d’avorter mais en 1956, il était difficile de trouver un médecin complaisant. Guus est un bébé braillard. Anouk ne supporte plus ses pleurs et elle déteste cet enfant.
Bérangère a déjà trois enfants quand elle tombe à nouveau enceinte. Anne n’était pas désirée et elle ne sera jamais qu’une boniche de plus pour sa mère.
Adulte, Guus et Anne noient leurs blessures d’enfance dans l’alcool.
Comment Debbie pourra-t-elle se construire avec des parents comme Guus et Anne ?
Quand on naît dans une famille en manque, on devient ce manque. On le mange, on l’incorpore.
L’addiction est-elle génétique ? Adolescente, Debbie trouve aussi refuge dans l’alcool et la drogue.
Être une femme
Des années 50 à 2020, en suivant trois générations, la condition féminine a largement évoluée. Mais chacune se trouve toujours confrontée au sujet de la maternité.
Dans les années 50, en Hollande, les femmes devaient quitter leur emploi si elles se mariaient. Anouk s’est donc retrouvée sans emploi alors que Pieter, son mari, n’avait pas de travail.
L’avortement n’a été légalisé qu’en 1984. Toutefois, légal ou non, un avortement est toujours un choix cruel pour une mère. Quelque soit l’époque, Pieterke Mol décrit avec une justesse froide les accouchements et les avortements.
Maternité
Au début du roman, Debbie a trente-cinq ans. Elle vit à Bruxelles et elle est sobre depuis cinq ans. La jeune femme rêve de devenir photographe mais, en attendant, elle travaille à Carrefour pour gagner sa vie. Après de nombreuses aventures sentimentales, elle vient de rencontrer Johan, un quarantenaire divorcé, père de deux enfants.
Et c’est à ce moment qu’elle retrouve son père Guus à Rotterdam. Elle ne l’a pas vu depuis dix ans. Depuis qu’elle lui avait demandé pourquoi il faisait toujours passer l’alcool avant sa famille. Aidé de Pieter, il se débat toujours avec l’alcool. Pourquoi buvait-elle comme lui ?
Ces retrouvailles ébranlent sa vie. Avec un père alcoolique, une carrière en berne, une mère décédée, Debbie peut-elle se construire un avenir serein ? Aura-t-elle un jour envie d’un enfant sans craindre l’hérédité de sa famille ?
À travers un récit morcelé, où les époques se croisent et où les personnages partagent les mêmes questionnements, nous suivons les interrogations de Debbie. Peut-on éprouver un attachement maternel pour les enfants d’un autre ? Et comment faire perdurer ce lien familial lorsqu’il demeure chargé de souvenirs et semé d’embûches ?
