Titre : 5000 mètre avant l’aube
Auteur : Dai Sijie
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 160
Date de parution : 16 avril 2026
La revanche
Lors des Jeux olympiques de 1924 à Paris, sur l’épreuve du 5000 mètres, Jean Sautet, jeune athlète français de vingt ans, devance le Japonais Matsui d’un dixième de seconde.
Avril 1944. Dans un camp de prisonniers de guerre tenu par l’armée japonaise, au cœur de la province du Yunnan, sur les vestiges d’une ancienne mission jésuite, la scène s’apprête à se rejouer. Et cette fois, elle prend une dimension presque irréelle.
Jean, devenu pilote de chasse pour les Tigres volants, a été capturé lors d’une mission de ravitaillement sur la ligne indo-sino-birmane. Reconnu par Matsui, désormais commandant du camp, il échappe de justesse à l’exécution. Car son ancien rival nourrit un projet démesuré.
Un projet pharaonique
Animé par un désir obsessionnel de revanche, Matsui ordonne la construction d’un stade reproduisant en tout point celui des Jeux de Paris, au sein même du camp. Un chantier titanesque, qui épuise les prisonniers.
Dans une volonté presque maladive, il pousse la reconstitution jusque dans les moindres détails. Mais malgré son acharnement, il se heurte au refus de Jean de courir à nouveau.
Pourtant, Jean Sautet, repéré dès l’âge de douze ans par un taxidermiste français au Vietnam, n’a rien perdu de ses capacités. Mais face à l’horreur du camp et à ce qu’il y découvre, d’autres enjeux s’imposent à lui.
Une course capitale
Le récit se concentre avant tout sur le projet insensé de Matsui. Si quelques fragments du passé de Jean émergent, celui de Matsui reste largement dans l’ombre. Il n’apparaît qu’à travers son obsession, sa jalousie et sa cruauté.
C’est d’ailleurs là que réside mon principal regret. En effet, j’aurais souhaité une exploration plus approfondie des personnages, ainsi que de la tribu indigène à laquelle appartient le prisonnier Akejia.
En se focalisant sur la démesure et la folie de Matsui, ce court roman peine parfois à s’ancrer émotionnellement. Il m’a fasciné par la démesure de Matsui, mais m’a laissée un peu à distance.
