flynnTitre : Les apparences
Auteur : Gillian Flynn
Éditeur : Sonatine
Nombre de pages : 573
Date de parution : 15 août 2012

Présentation de l’éditeur :
Amy, une jolie jeune femme au foyer, et son mari, Nick, forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan, leur vie aisée, leur travail dans la presse, pour s’installer dans la petite ville du Missouri où Nick a grandi. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, celui-ci découvre dans leur maison un chaos indescriptible : meubles renversés, cadres aux murs brisés, et aucune trace de sa femme. L’enquête qui s’ensuit prend vite une orientation inattendue : sous les yeux de la police, chaque petit secret entre époux et autres trahisons sans importance de la vie conjugale prennent une importance inimaginable et Nick devient bientôt un suspect idéal.
Alors qu’il essaie désespérément de son côté de retrouver sa femme, celui-ci découvre qu’elle aussi lui dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d’autres bien plus inquiétantes. Il serait criminel d’en dévoiler davantage tant l’intrigue que nous offre Gillian Flynn recèle de surprises et de retournements. Après Sur ma peau et Les Lieux sombres, la plus littéraire des auteurs de polars, qui dissèque ici d’une main de maître la vie conjugale et ses vicissitudes, nous offre en effet une véritable symphonie paranoïaque, dans un style viscéral dont l’intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller.

Mon avis :
Amy et Nick, tous deux fort séduisants, forment un très joli couple. Ils ont des parents qui les adorent, peut-être un peu trop d’ailleurs. Les parents d’Amy ont eu un grand succès d’auteurs en éditant la série L’épatante Amy, où l’on trouve des conseils d’éducation basés sur les expériences de leur fille unique et adorée. Nick a une sœur jumelle, Margo mais il est le préféré de sa mère un peu envahissante depuis son divorce.
Nick et Amy perdent successivement leur emploi et quittent alors New York pour rejoindre Margo qui peine à s’occuper de leur mère en phase terminale d’un cancer et de leur père interné suite à un Alzheimer.
Et c’est là que tout bascule. Nick préoccupé par ses parents et nouveau propriétaire (grâce à l’argent de sa femme) d’un bar dont il s’occupe avec sa sœur, passe moins de temps à l’écoute de sa femme. Amy se laisse gagner par l’ennui de cette petite ville provinciale où ses seules occupations sont de suivre sa belle-mère soit à l’hôpital soit dans ses œuvres de bienfaisance.
L’auteur déroule environ 200 pages, en alternant les points de vue de Nick et d’Amy, pour installer cette situation ce qui peut décourager certains lecteurs. D’autant plus que le style utilisé pour les récits d’Amy m’a particulièrement agacé puisqu’il colle parfaitement à la petite  fille belle, unique, gâtée et égoïste.
Mais, je vous conseille de résister car alors on aborde la journée du cinquième anniversaire de mariage avec la traditionnelle chasse au trésor établie par Amy, et les choses se gâtent avec la disparition d’Amy qui laisse chez elle une étrange scène de violence.
En continuant d’alterner les points de vue du mari et de la femme, l’auteur nous entraîne au cœur d’une superbe machination dans un climat hitchcockien (avec certes moins de maîtrise et de brio). Tout devient suspect, étrange. Les faits et indices apparaissent dans le récit de l’un et sont habilement repris dans celui de
l’autre. Au fil des pages, les personnages deviennent de plus en plus pervers et l’étau se resserre.
Effectivement, à ce niveau, je ne pouvais plus lâcher le livre et j’attendais avidement un dénouement libérateur.
Derrière cette histoire, l’auteur met en évidence l’influence des médias dans de telles affaires. L’omniprésence des journalistes à l’affût d’une information, l’appropriation de l’histoire par les présentateurs vedettes et le retournement facile de l’opinion publique reviennent en permanence dans le récit.
 » Tout le monde te déteste, de nouveau, a-t-elle dit
– Qu’elle bande de girouettes
. »
C’est peut-être aussi ce qui allonge un peu lourdement le scénario. Il me semble que le roman aurait gagné en intensité si l’auteur ne dérivait pas parfois dans le genre « scandale » typiquement américain. Je regrette aussi la tiédeur de l’équipe policière ( on se demande parfois pourquoi il ne s’investisse pas davantage sur certains indices) mais il est évident que l’auteur privilégie l’enquête personnelle.
En résumé, c’est un roman machiavélique qui maîtrise le suspense mais l’auteur veut peut-être parfois en faire trop dans le sensationnel avec un style et des évènements un peu trop accrocheurs.

J’ai lu ce roman policier en tant que jurée du Prix  elle

plume

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :