ferneyTitre : Cherchez la femme
Auteur : Alice Ferney
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 550

Date de parution : mars 2013

Auteur :
Alice Ferney, est un écrivain français née en 1961 à Paris.
Elle  a été maître de conférences à l’Université d’Orléans.
Ses thèmes principaux sont la féminité, la différence des sexes, la maternité et le sentiment amoureux.

Présentation de l’éditeur :
Étude de caractères, portrait minutieux, autopsie exhaustive d’un mari occupé de lui-même et d’une épouse qui veut franchir les turbulences, le nouveau roman d’Alice Ferney passe au tamis d’une écriture indiscrète et addictive les heurs et malheurs de la biosphère conjugale.

Mon avis :

 » Serge avait choisi une femme solide et contre elle il s’était brisé. »

L’issue d’une relation amoureuse est-elle prédéterminée ? C’est ce que s’applique à démontrer Alice Ferney dans son dernier roman  Cherchez la femme.
Elle dissèque avec opiniâtreté, parfois répétition pour mieux asseoir sa démonstration.
Nos actes sont le reflet de notre caractère, lui-même façonné par nos origines, notre éducation.
Pour cela, elle remonte sur plusieurs générations. Les premiers chapitres sont consacrés à l’histoire de Vladimir et Nina, les parents de Serge. Vladimir a perdu sa mère très jeune. Lorsqu’à 26 ans, il rencontre la jeune Nina, il voit en elle une future mère.

 » Je veux que tu sois la mère de mes enfants. Il oubliait, par la force de sa quête, qu’il disait cela à une fille de quinze ans et demi. »

Nina, élevée par sa grand-mère, réfugiée russe en mal d’enfant, ne vit pas chez ses parents. Son père, mineur, est alcoolique et sa mère est trop faible pour reprendre sa fille à l’autorité de la grand-père. Vladimir, ingénieur des Mines, est une opportunité pour sortir de son  milieu.
Trop jeune pour être mère, Nina regrettera bien vite ses ambitions bafouées et reportera ses envies de succès sur Serge, enfant doué et loué.
Serge et Jean, son frère vont grandir au milieu des cris et reproches de Nina, subissant les déménagements successifs liés au métier de Vladimir. Serge est intelligent, sportif et l’adulation de sa mère renforce son besoin de paraître, d’être mis en lumière, d’être reconnu.
Quand il rencontre la belle Marianne, fille d’une famille bourgeoise parisienne, il sait que l’aura de cette femme lui permettra d’être remarqué. Commence alors le récit de cette union face aux exigences des vies professionnelles, personnelles et contraintes des familles de Serge et de Marianne.

Marianne est le seul personnage qui fait l’effort de parler (peut-être un peu trop), de comprendre. Mais face à l’ambition de Serge, à la superficialité de ses motivations, elle peine à sauver leur famille composée maintenant de trois enfants. Son succès professionnel, son assurance mettent en exergue les failles de Serge, sans qu’elle s’en rende vraiment compte.

Derrière cette analyse psychologique très fine, cette dissection à la loupe de chaque comportement des différents personnages, il y a une réelle histoire de familles, de couples. Grâce au style simple et clair, au mélange subtil d’analyse et d’histoire, j’ai traversé ce long roman avec une réelle envie de connaître l’issue de ces couples.
Certains pourront se lasser de cette analyse trop poussée, mais personnellement, j’ai apprécié ce regard presque clinique de l’auteur sur le couple et la vie. Parce que nous les connaissons presque intimement, les personnages sont riches et attachants. Vous éprouverez peut-être de la peine ou de la haine pour Nina, cette trop jeune mère « si soucieuse de faire impression qu’elle en oubliait d’exister« . Vous aurez envie de jeter Serge, cet enfant adulé devenu un ambitieux superficiel et indifférent. Vous serez agacé par Marianne « droguée qui réclamait sa dose de Serge« . Et vous aurez envie de savoir si leurs destins étaient effectivement déterminés par leur éducation.
Et vous apprécierez cette magnifique photo de couverture de Norman Parkinson, célèbre photographe anglais, notamment pour Vogue.

Je remercie Actes Sud pour la lecture de ce roman richement construit, prenant et foisonnant.

plume

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

1 mai 2013 à 13 h 40 min

J’ai lu un de ses romans dont j’ai oublié le titre (honte à moi), qui était vraiment très très bien !



    1 mai 2013 à 16 h 14 min

    Le plus lu est La conversation amoureuse. Personnellement, j’ai lu Paradis conjugal, Les autres, Passé sous silence. Une femme qui décortique les couples. A bientôt



11 mai 2013 à 13 h 08 min

Je pensais que le plus lu était Grâce et Dénuement.



    12 mai 2013 à 6 h 26 min

    Tu as peut-être raison. En tout cas, à chaque fois que je fais une chronique sur un livre de cette auteure, on me dit avoir été rebuté par La conversation amoureuse



11 mai 2013 à 13 h 21 min

J’ai lu « La conversation amoureuse » avec énormément de mal. L’auteure m’a rebutée. Je ne pense pas lire d’autres livres d’elle.



    12 mai 2013 à 6 h 23 min

    L’auteure a un style particulier qui peut déplaire. Et souvent c’est ce livre que je n’ai pas lu, qui rebute les lecteurs. Il va falloir que je le lise pour voir si il est différent ou si j’aime aussi. Merci d’être passée sur mon blog et à bientôt



12 mai 2013 à 7 h 47 min

je l’ai acheté vendredi. j’aime l’analyse clinique de cette auteure sur nos histoires d’A qui finissent mal et tournent au vinaigre.
Ta nouvelle déco de blog : j’adore !



    12 mai 2013 à 8 h 09 min

    Je ne raterai pas ta chronique et je ne doute pas qu’elle sera aussi bien sentie que celle du roman de Delacourt. Merci pour ton avis sur mon blog. A bientôt



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