Titre : La fille de l’espagnole
Auteur : Karina Sainz Borgo
Littérature vénézuélienne
Titre original : La hija de la española
Traducteur : Stéphanie Decante
Editeur : Gallimard
Nombre de pages :
Date de parution : 3 janvier 2020

 

Adelaïda vient de perdre sa mère, Adelaïda Falcon, une femme cultivée qui, enceinte et abandonnée par son compagnon avait quitté la pension familiale d’Ocumare de la Costa pour s’installer à Caracas.

Les soins en hôpital et l’inhumation lui ont coûté une fortune dans ce pays où la monnaie nationale ne vaut plus rien. Correctrice pour une maison d’édition, Adelaïda ne sait plus où aller. Il lui est impossible de quitter le pays. Retourner à Ocumare chez ses tantes?

« On appartient au lieu où sont enterrés nos morts. »

Mais la vie est-elle encore possible à Caracas? Les fils de la révolution arrêtent, torturent et tuent les opposants au régime, les étudiants révolutionnaires. Lorsqu’un commando d’occupation des domiciles l’exproprie, Adelaïda trouve refuge dans l’appartement voisin, celui d’Aurora Peralto, la fille de l’espagnole. En découvrant le corps inanimé d’Aurora sur le sol de la cuisine, Adelaïda se débarrasse du corps et se terre dans ce nouveau logis.

Depuis ce refuge, elle suit les pillages et manifestations des rues et écoute les mouvements des occupants de son appartement. Prendre l’identité de la fille de l’espagnole semble être le seul moyen de sortir de ce pays en perdition.

Karina Sainz Borgo crée un climat apocalyptique autour d’Adelaïda. Cette femme en proie à la perte de sa mère, est aussi plongée dans un pays à l’agonie. Le Venezuela, pays métisse et étonnant, beau et violent est en pleine révolution. Tout n’est qu’effondrement autour du personnage principal.

Les femmes ont un rôle primordial dans ce roman, à l’image des femmes du pays.

« Le chant des pileuses était une musique de femmes. Elles le composaient dans leurs silences de mères et de veuves, dans la lenteur de celles qui n’attendent rien, parce qu’elles n’ont rien. »

En commençant son roman par un deuil et en plaçant son personnage dans une atmosphère apocalyptique un peu irréelle, l’auteur isole Adelaïda, la place dans une spirale de mort. Avec un schéma un peu brouillé, mêlant souvenirs et plusieurs axes de réflexion, ce premier roman peine à mettre en valeur son personnage, à nous émouvoir et ressentir la réalité des situations. Toutefois cette auteure vénézuélienne a sans aucun doute un vécu journalistique et une puissance d’écriture qui promettent de futurs bons romans. A suivre.

 

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

Ariane daphné
12 février 2020 à 19 h 49 min

Il me tenterait bien mais les livres sur le deuil et la mort ne sont pas pour moi en ce moment. Plus tard peut-être.
Daphné



13 février 2020 à 15 h 25 min

Je l’ai entendue sur FI, et je me serais bien laissée tenter



13 février 2020 à 16 h 08 min

Pas tentée par le sujet, et ce que tu dis de la narration un peu embrouillée ne me tente pas non plus.



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