Titre : Lunch-box
Auteur : Émilie de Turckheim
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 256
Date de parution : 14 janvier 2021

 

Sarah Hopkins, animatrice artistique à l’école libre franco-américaine de Zion Heights, sur la baie du détroit de Long Island, emmène dans son van comme chaque jeudi et vendredi, les trois garçons de Kelly Carson, Clovis et Emilie, les enfants de Vanina et Laëtitia, la fille unique de Solène et David. Ce jour-là, garée devant les marches de l’école, une guêpe vient piquer son bras. Un instant d’inattention, elle ne prend pas le temps de vérifier que les six enfants sont en sécurité sur les marches. Elle redémarre et l’on devine l’accident. Un accident qui est comme une ombre sur ce roman qui va d’abord nous présenter cette petite communauté de parents et enfants.

En commençant par Sarah, cette belle jeune femme rousse qui, à défaut d’être une grande musicienne, met sa folie dans la mise en scène de spectacles de fin d’année majestueux, salués par la presse mais quelque peu surprenants pour un univers d’enfants. Sarah est un personnage étonnant, fantasque, comme souvent dans le paysage d‘Émilie de Turckheim. Tellement différente de ces mères coincées qui se montrent dans les garden-parties, oubliant leurs maris absents physiquement ou mentalement.

A tour de rôle, Sarah, Vanina, David et Solène parle de cette journée et de leur vie au sein de cette petite communauté. Vision et éléments personnels qui nous font petit à petit comprendre les causes et les culpabilités de chacun. Et bien-sûr, l’importance de ce petit objet indispensable aux mères et enfants en Amérique, la lunch-box.

Emilie de Turckhein a ce brin de folie, cette originalité qui dédramatisent un accident horrible, nous évitant toute dramaturgie. Même si le drame est présent en sous-plan et parfaitement insupportable. Bien évidemment, cet accident anéantit la folie et la légèreté de Sarah. Bien évidemment, il détruit une mère, brise un couple. Bien évidemment il bouleverse les vies, fait surgir les culpabilités. Mais il y a aussi les amitiés, les rêves, les passions. Parfois improbables comme l’attrait de David pour les livres sur la construction des ponts, ces édifices qui nous permettent de traverser.

« Dans la vie, l’important, c’est de traverser

Avec Émilie de Turckheim, nous traversons cette épreuve avec beaucoup de sensibilité.

 

 

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

21 janvier 2021 à 11 h 20 min

Je l’ai dans ma PAL. Ta chronique confirme tout le bien que je pense de cette autrice !



22 janvier 2021 à 12 h 20 min

Une jolie phrase : « Dans la vie, l’important, c’est de traverser.»



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