Titre : Septembre noir
Auteur : Sandro Veronesi
Littérature italienne
Titre original : Settembre nero
Traducteur : Dominique Vittoz
Editeur : Grasset
Nombre de pages : 320
Date de parution : 7 janvier 2026

 

Vacances toscanes

Tous les étés, la famille Bellandi passe ses vacances à Fiumetto. Le père est avocat pénaliste. Et il possède un cabinet à Vinci où la famille habite et un autre à Florence. La mère, une magnifique femme rousse d’origine irlandaise, est peu expansive. Sans situation professionnelle ni permis de conduire, elle mène une vie paisible avec ses deux enfants, Gigio et Gilda.
Gigio, le narrateur, est un jeune garçon avec des troubles du spectre autistique, passionné de lecture et de sports. En cette année 1972, il découvre à l’occasion de son douzième anniversaire la musique avec un 45 Tours de Jimmy Smith.

A Fiumetto, le jeune garçon accompagne souvent son père sur son voilier. Il le vit un peu comme une corvée. Par contre, il aime traîner sur la plage en espérant revoir Astel Raimondi, treize ans, fille du propriétaire de la maison que loue sa famille chaque été.

La fin de l’enfance

Seulement, cette année, la mère craint le soleil pour sa fille qui a hérité sa peau de rousse. Et Gigio doit ruser pour voir celle qui fait vibrer son coeur.
Grâce à ses connaissances en anglais, il devient indispensable à Astel qui revient d’un stage de langue anglaise à Londres. Et les deux jeunes adolescents passent de plus en plus de temps ensemble. Ils vivent ainsi les joies de l’enfance partageant leurs passions autour de la musique et du sport.
Mais Gigio prévient le lecteur d’emblée. L’été de ses douze ans marquera à jamais sa vie. Et des dizaines d’années plus tard, Luigi Bellandi, aujourd’hui professeur et traducteur se demande surtout si il lui aurait été possible de changer le cours des évènements.
Entre terrorisme qui endeuilla les jeux olympiques de Munich et drame intime, Gigio peut-il renaître, comme le fit son oncle Giotti, longtemps emprisonné aux Etats-Unis.

Douceur et chaos

Le lecteur sait d’emblée que cet été 1972 sera dramatique. Mais l’auteur ne révèle les drames qu’en dernière partie de récit.
Sandro Veronesi s’attarde surtout sur les petits bonheurs des vacances. Et nous les vivons dans les yeux d’un jeune garçon de douze ans. Entre contraintes familiales, éveil naissant du désir amoureux, jeux d’espionnage, découvertes de nouvelles passions, incompréhension des troubles des adultes. Et puis, bien sûr, la beauté de cette région toscane. Quelle magie lorsque les îles de Ligurie se laissent entrevoir à l’horizon !
Mais derrière cette douceur estivale et l’émancipation adolescente, se trament les drames. Les clivages politiques sont évoqués avec Oncle Gigio, Lucido Raimondi ou le dossier brûlant qui occupe le père de Gigio à Florence.
En filigrane pointe aussi le rejet de la différence avec le rutilisme ou le racisme face à Astel et sa mère d’origine éthiopienne. Et bien sûr, l’explosion de violence lors du massacre et de la prise d’otages lors des Jeux Olympiques de Munich. Le titre du roman évoque d’ailleurs le nom de cette organisation terroriste.
Mais c’est aussi la couleur du dernier mois de vacances en Italie pour Gigio. Un été meurtrier qui marque la fin de l’enfance pour Gigio, Gilda et Astel.

Un roman bien mené, entre bleu de la mer et drame de la vie.

 

 

 

Auteur

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