Titre : Novembre
Auteur : Alena Mornstajnová
Littérature tchèque
Titre original : Listopád
Traducteur : Anaïs Raimbault Biret
Editeur : Bleu et Jaune
Nombre de pages : 328
Date de parution : 12 mars 2026

 

Une uchronie glaçante

Avec la chute du mur de Berlin, le bloc de l’Est s’effondre. La Pologne organise des élections libres, la Hongrie vacille. En Tchécoslovaquie, la Révolution de Velours précipite la chute du Parti communiste. Ainsi, elle signe la fin de la République socialiste.

Mais que se serait-il passé si cette révolution avait échoué ?

C’est le vertigineux scénario imaginé par Alena Mornštajnová. À travers le destin de Maja et de sa famille, l’autrice illustre ce qu’a été et ce qu’aurait pu être, la vie sous une dictature implacable.

Maja

Marie ( Maja ) affronte au quotidien la dureté d’un régime autoritaire. Fille d’un homme déclassé après l’invasion du Pacte de Varsovie en 1968, elle a dû renoncer à des études supérieures. Titulaire d’un bac professionnel, elle est devenue infirmière.

Après une première relation avec un médecin-chef marié, dont elle a eu un enfant, elle partage désormais sa vie avec Joska. Ensemble, ils ont une petite fille, Lenka. Récemment, le couple a obtenu un logement modeste, réservé aux ouvriers mariés de l’usine de verre.

Alors qu’ils entreprennent des travaux chez eux, ils se rendent à une manifestation pour dénoncer les violences policières contre les étudiants de Prague. Poussée par un inconnu, Maja prend la parole devant la foule.

Dans la nuit du 26 au 27 novembre 1989, elle et Joska sont arrêtés, comme tous les manifestants. Leurs enfants, Jakob et Lenka, heureusement laissés chez les parents de Maja, sont absents ce soir-là. 
Condamnée à vingt ans de prison, Maja est coupée de tout. Ainsi, elle ignore ce qu’est devenu son mari et ne peut communiquer avec ses enfants. Ses seules bouées sont les visites rares de ses parents et les lettres qu’elle écrit à Lenka.

Magda

Pendant que Maja s’éteint derrière les barreaux, d’autres formes d’enfermement se déploient. Magda, quatre ans, est envoyée dans un centre d’éducation destiné aux enfants abandonnés de leurs parents.

Dans cet univers froid et brutal, les éducatrices inculquent une loyauté absolue au régime. Les enfants y sont formés à devenir les gardiens zélés du socialisme, encouragés à dénoncer toute déviance.

Soumise à un lavage de cerveau méthodique, Magda devient une élève modèle. Pourtant, les interrogations semées par son amie Jana fissurent peu à peu ses certitudes.

Un rappel à la vigilance

À travers ces deux trajectoires brisées, Alena Mornštajnová livre un récit poignant et profondément inquiétant. Elle nous rappelle que la répression et la privation de liberté ne relèvent pas seulement du passé ou de la fiction. Malheureusement, elles sont encore, aujourd’hui, une réalité pour de nombreux peuples.

Il suffit parfois de presque rien pour qu’un pays bascule.

Impossible, à la lecture, de ne pas penser aux enfants ukrainiens arrachés à leurs familles. Ainsi, envoyés dans des centres, ils sont soumis à une rééducation idéologique.

Dans la lignée de Le Chant du prophète de Paul Lynch, Novembre agit comme une mise en garde. Nos choix politiques façonnent nos vies et peuvent, insidieusement les  faire basculer.

 

 

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

En savoir plus sur Sur la route de jostein

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture