Titre : 24 fois la vérité 
Auteur : Raphaël Meltz
Editeur : Le Tripode
Nombre de pages : 280 
Date de parution : 19 août 2021

 

La couverture et le titre

Un titre énigmatique, une frimousse dessinée attirent le regard. Tout est particulièrement bien choisi. En effet, l’ombre de cette petite fille plane sur la vie désenchantée du personnage principal. Et c’est une phrase de Jean-Luc Godard sur l’image et le cinéma qui inspire le titre. Image ou plutôt regard et cinéma sont les deux thèmes que ce roman aborde avec Adrien et son grand-père Gabriel.

Thèmes et personnages

Gabriel a parcouru le siècle de son regard de photographe, suivant à la fois la technologie et les actualités du monde en tant que reporter pour Pathé. Vous vous souvenez de ces actualités qui passaient autrefois dans les salles de cinéma. La remise du Goncourt à André Malraux, le retour de Munich de Daladier au Bourget, les camps de concentration, la libération de Paris, silencieux, inquiet et réservé, Gabriel a filmé les grands évènements de l’Histoire.
Adrien est pigiste et écrivain. S’il rêve d’écrire un roman sur son grand-père, il passe surtout son temps à tester des nouveaux appareils numériques pour ses articles. En un siècle traversé par Gabriel, la technologie et les rapports humains ont bien changé. L’hypocrisie consumériste, le règne des GAFA ont-ils tué le cinéma, la littérature ? Adrien et ses amis aiment en débattre.

Passion et absence

La passion de Gabriel est née en 1913 lorsque sa soeur Hélène le filme dans le couloir de leur maison familiale. A onze ans, elle invente le travelling avec sa petite caméra Pathé Kok. Elle ne verra jamais ce film. Quelques jours plus tard, elle fait une chute mortelle dans la rue. Depuis son ombre plane à jamais sur la vie de Gabriel. Sa passion, il l’exerce avec un regard froid.

Un roman original, intéressant mais sombre

Souvenirs de moments d’actualité du XXe siècle, évolution de la technologie, réflexions philosophiques sur la mort du cinéma, de la littérature, des valeurs réelles au profit du virtuel, le roman de Raphaël Meltz est un regard sur l’Histoire et la société. C’est parfois un peu technique, souvent nostalgique et grave. Les deux personnages peinent à s’incarner dans ce siècle disparu ou dans un avenir sans valeur. Avec ce regard froid, technique et nostalgique, j’ai peiné à entrer dans les vies des personnages.

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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