linda leTitre : Lame de fond
Auteur : Linda Lê
Éditeur : Christian Bourgois
Nombre de pages : 277
Date de parution : août 2012

Auteur :
Linda Lê, née en 1963 à Dalat (Centre du Vietnam) est une écrivaine française d’origine vietnamienne.

Présentation de l’éditeur :
Un homme vient de mourir. Du fond de sa tombe au cimetière de Bobigny, il évoque, sur un ton qui n’a rien de tragique, mais au contraire ironique et presque joyeux, les péripéties qui ont marqué la dernière année de sa vie d’exil en France. Il n’est pas le seul à se confier. Sa femme, Lou, sa fille, Laure, une adolescente gothique, légèrement déjantée, et une mystérieuse beauté eurasienne, Ulma, se racontent aussi tour à tour, de façon comique ou déchirante. En une journée, de l’aube au crépuscule, ce quatuor exhume le passé. Il y a dans ces pages une grand-mère toute dévouée à sa petite fille, un cadre du Parti Communiste vietnamien qui n’a pas assumé son rôle de père, une ancienne hippie nostalgique des folles années soixante-dix, des personnages bataillant pour échapper aux conventions, mais tout, finalement, tourne surtout autour du séisme qui a provoqué un bouleversement dans le quotidien d’une famille jusque-là sans histoire.

Mon avis :
Linda Lê nous place d’emblée dans une situation atypique puisque l’un des narrateurs, Van, nous parle de sa tombe. Et, encore plus étrange, c’est sa femme, Lou qui a lancé sa voiture sur lui alors qu’il sortait de chez sa maîtresse eurasienne, Ulma.
Tour à tour, chaque personnage (Van, Lou, Ulma et Laure la fille de Van) prend la parole.
 » Je laisse derrière moi trois femmes auprès de qui j’ai appris  la signification du mot AMOUR, amour conjugal, amour paternel, amour défendu, trois femmes que je n’ai probablement pas su aimer comme il fallait, puisque ce que je prodiguais à l’une, je le retirais à l’autre… »
Du fond de sa tombe, Van explique son lien avec le Vietnam (une enfance un peu similaire à celle de l’auteur). Il a peu connu son père engagé avec les Nord-Vietnamiens, fidèle à Hô Chi Minh, qui mourra au combat d’une rupture d’anévrisme. Sa mère, francophile le pousse vers la culture européenne et lui fera quitter le Vietnam avant la guerre avec le Cambodge.
En France, il épouse Lou, fille d’une bretonne xénophobe. Passionné d’art et de littérature, il travaille comme correcteur pour des maisons d’édition. Depuis la mort de sa mère, plus rien ne le rattache à son pays d’origine. Jusqu’au jour, peut-être où il rencontre Ulma, fruit de la rencontre de Justine, paumée droguée et d’un vietnamien contestataire de passage à Paris.
 » Ulma était, comme moi, double, une partie d’elle avait ses amarres, quand l’autre flottait à la dérive, une partie d’elle était à peu près au diapason, quand l’autre ne pouvait s’harmoniser avec rien. »
Chaque personnage a ses regrets,  ses blessures d’enfance. Laure, adolescente gothique en conflit avec son père, regrette son comportement et se rappelle tout ce que ce père de grande culture lui faisait découvrir. Comme Van ou Ulma, elle cherche à présent ses racines.
Linda Lê allie le côté léger de certaines situations avec la profondeur des personnages partagés entre deux cultures et marqués par des enfances difficiles. Et j’aime lorsqu’un auteur enrichit mon langage (eschatologie, éréthisme, coquecigrues….), ma culture tout en me racontant une histoire.

 Eschatologie : discours sur la fin des temps

Erethisme : État d’excitabilité d’un organe. Violence d’une passion portée à son plus haut degré

Coquecigrues : sornettes, balivernes 


rentrée 2012 plume New Pal 2013 challengeABC2013

 

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

29 mai 2013 à 13 h 31 min

Ca me plairait beaucoup aussi.



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