gaitskillTitre : La faille
Auteur : Mary Gaitskill
Littérature américaine
Traducteur : Madeleine Nasalik
Éditeur : Éditions de l’Olivier
Nombre de pages : 267
Date de parution : février 2013

Auteur :
Née en 1954, Mary Gaitskill est considérée par plusieurs générations d’auteurs américains comme une icône littéraire et une nouvelliste de talent. Elle a également publié deux romans, dont Veronica, paru aux Éditions de l’Olivier en 2008.

Présentation de l’éditeur :
Un homme et une femme se rencontrent dans un avion. La conversation tourne à la confidence, voire à l’aveu. Un père découvre qu’il ne comprendra jamais sa fille, tout comme son propre père était resté pour lui une énigme. Un soldat à peine revenu d’Irak cherche obstinément son chien : la nuit, il traverse les champs l’arme au poing, se protégeant ainsi d’ennemis imaginaires. D’une écriture précise, Mary Gaitskill met à nu le malaise latent dans chaque situation, la tension sexuelle, la domination sociale qui affleurent sous le vernis de l’apparence. « Pensée et émotion, chair et flux électrique » se mêlent dans ce recueil de neuf nouvelles. Proche de Joyce Carol Oates ou de Joan Didion, son style incisif révèle des personnages en équilibre instable, qui tentent de négocier avec leurs failles.

Mon avis :
Pour avoir lu Veronica, je connaissais le côté un peu sulfureux de Mary Gaitskill. Dans ce recueil de nouvelles, il est encore plus marqué. Les personnages oscillent entre perversité et tendresse. Mais derrière cette vision crue et réaliste des relations humaines, il y a une complexité étonnante des personnages.
Ce sont tous des « fêlés », des marginaux qui expriment assez clairement leurs instincts, leurs fantasmes.
Les deux  premières nouvelles restent assez sobres. L’une traite de l’incompréhension d’un père face à l’homosexualité de sa fille et l’autre de la relation et de souvenirs de deux copains. Ensuite, les narrateurs sont plus complexes. Chaque personnage garde un trouble mental soit à cause du divorce de parents, soit
d’une expérience de jeunesse ou des atrocités d’une guerre à laquelle il a participé.
Quand ils évoquent de manière très directe leurs expériences, le regard de l’autre surprend. Peut-on dire à un inconnu que l’on est un ancien alcoolique, que l’on a participé à un viol collectif ou raconter ses fantasmes à son dentiste ? Qui est le plus fou entre l’assassin d’une mère et sa fille ou une femme qui veut
battre le record du nombre de relations sexuelles à la suite?
 » Vous avez dû connaître la même expérience vous aussi, dit-elle, ses traits exprimant une détermination étrange,
comme s’il était capital qu’elle se fasse comprendre. Faire des choses pour répondre aux attentes des autres ou juste pour sentir qu’on a sa place dans la société, tant on est convaincu que sa véritable identité
n’a aucune valeur. »
Derrière les comportements débridés, l’auteur fait apparaître la fragilité humaine, la pureté d’un sentiment comme par exemple cet amour sincère qui naît entre Valérie et Michaël dans la nouvelle intitulée  » La couverture » ou cette responsabilité qui entrave Élise, une jeune fille qui se retrouve seule avec les
trois enfants que leur mère lui a confiés.
Ces neufs nouvelles explorent le rapport aux autres de ces personnages troublés par leur passé, des êtres gênés par une expérience amorale et qui éprouvent le besoin de se normaliser dans le regard d’autrui.

Je remercie dialogues qui m’a permis de retrouver cette auteure.

plume

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

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