Titre : Carpates
Auteur : Liliana Lazar
Littérature roumaine
Editeur : PLON
Nombre de pages : 320
Date de parution : 11 janvier 2024

Des vacances studieuses

Jeanne et Boris, un jeune couple d’Aix-en-Provence partent en vacances en Roumanie. C’est surtout  l’occasion pour Jeanne de compléter son étude sur les rituels mortels chez les vieux croyants dans les Carpates orientales, sujet de son doctorat. Pour se rendre à Rodna, lieu où une femme serait ressuscitée, le couple doit emprunter le passage des cols. C’est une route de montagne dangereuse mais conseillée par Zanov, le patron de l’auberge où ils font une halte en pleine nuit.
Jeanne, fille de colonel, plutôt intellectuelle est une personne empathique et curieuse. Parlant roumain, elle s’intéresse aux autres mais toujours dans l’optique d’enrichir l’objet de son étude. Boris, un ancien boxeur marqué par le suicide de son père, est plutôt pragmatique et méfiant. Très amoureux de Jeanne, il la suit et la protège.

Un lieu sauvage et mystique

Nous sommes en 1992, trois ans après la révolution roumaine qui aboutit à la fin du régime communiste et du couple Ceausescu. Le couple de français arrive en pleine montagne, dans une forêt où rôdent les ours et les âmes des disparus. Mouna, le vent des Carpates, souffle comme une présence mortifère. Liliana Lazar aime particulièrement ces ambiances de forêt touffue. Ce sont des lieux empreints d’animalité et de croyances païennes. On y trouve ici un grand duc, hôte de l’âme d’un homme tué par un ours.

Jeanne comprit ce qui l’attirait dans ce pays. Dans des endroits colle celui-ci, si mystérieux et si impénétrables, elle se voyait propulsée des décennies en arrière, vers un temps immatériel où l’on se contentait de vivre simplement de ce que la terre et la nature proposaient.

La colonie de Mama Otilia

En pleine ascension de la route des cols, la voiture du jeune couple tombe en panne. Jeanne et Boris sont contraints de suivre un jeune enfant jusqu’au village d’une communauté dirigée par Mama Otilia. Cette colonie fondée en 1910 par des religieux russes chassés par le tsar puis par des femmes, elles-même la proie des soldats russes, prône une structure patriarcale inversée. En tout cas, la femme porteuse de vie est précieuse contrairement aux mâles, simples boucs reproducteurs.
Ainsi, contrairement à Boris, homme fort et tatoué, Jeanne, enceinte, est une hôte de choix. La jeune femme apprécie cet environnement chaleureux et elle y voit surtout une opportunité d’enrichir ses recherches universitaires.
Boris, plus lucide, se méfie de cette hospitalité emprisonnante.

Un roman addictif

Liliana Lazar construit un récit passionnant dans cette atmosphère qu’elle maîtrise depuis son premier roman. Pétrie de l’environnement de son enfance, elle crée son décor autour d’une nature sauvage, territoire des ours et des sorcières et du passé historique de son pays.
Elle maintient ici une tension, un suspense qui rend ce roman très addictif . Jusqu’au dénouement, l’auteur nous surprend et nous tient en haleine.
Au-delà d’une lecture passionnante, c’est aussi une réflexion sur la place des hommes et des femmes dans une société et sur la vie au plus près de la nature.

Auteur

contact@surlaroutedejostein.fr

Commentaires

12 janvier 2024 à 12 h 55 min

Je suis intriguée par cette communauté dominée par des femmes et l’atmosphère que tu décris. Comme je ne connais pas l’autrice, ce serait une double découverte pour moi.



13 janvier 2024 à 9 h 08 min

Je ne connais pas l’autrice et l’atmosphère que tu décris m’intrigue !
Je n’ai toujours pas compris pourquoi ton blog n’apparaît plus dans mon fil d’actualité WordPress, c’est donc pour ça que je suis moins présente, mais je ne t’oublie pas !



    13 janvier 2024 à 12 h 19 min

    Une auteure à découvrir. Surtout pour l’ambiance de ses romans.
    Je ne sais pas par quel moyen tu suis mon fil WordPress. Si c’est par le Lecteur, as-tu essayé de refaire une recherche de Sur la route de Jostein et de le remettre en suivi.
    En fait, j’ai supprimé ma redirection de mon ancien blog en wordpress.com. Et je suppose que tous ceux qui me suivaient sur ce lien sont dans le même cas que toi.



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